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ap.V. nombre de poulies, elle tire avec beaucoup de facilité & de promptitude. Elle a encore Àune grande commodité, en ce que n'y ayant qu'une feule piece de bois élevée + on peut la *
clairement pour en avoir donné une parfaite connoiflance,on croiroit que c'eft autre chofe : car on fçait que ce que lePolyfpafte peut faire , eft tout-à-fait éloigné des effets quePlutarque luy attribue. Cela fait voir quelle opinion l'onpeut avoir des autres miracles que cetHiftorien conte desmachines d'Archimedc ; & ce feul exemple peut faire croi-re que ce qu'il en dit n'eft fondé que fut les relations desRomains, lefquels eftant peu verfez dans les Arts avant letemps de Marcellus, ainfi que Plutarque remarque luy mê-me, pouvoient avoir beaucoup exaggeré des chofes queleur ignorance leur faifoit paroiftre miraculeufes, & qu'ilsavoient audi peut-eftre intereft de faire palier pour telles.Car de croire avec Plutarque que la grande Géométrie d'Ar-chimede luy fift faire avec un Polyfpafte ce qui n'a pu eftrefait depuis par ceux qui n'eftoient pas fifçavans que luydans les fpeculations des proprietez des Nombres 5c des Fi-gures, cela eft bien difficile, quand onconfidere que les ef-prits qui s'appliquent aux Mechaniques , à la Mufique &caux autres Arts qui font eftimez dépendre des Mathémati-ques , n'y reuffiftent point à proportion qu'ils font profondsdans laconnoilfaucedela Géométrie &c de 1 Arithmétique;& que ces nobles feiences que Platon eftime eftre deshono-rées quand on les attache à la matière , font femblables auxplantes dont les fleurs les plus belles Scies plus doubles, neproduifent que rarement du fruit. Et en effet on ne remar-que point qne ceux qui ont inventé ou perfectionné les Artsayent jamais excellé en autre chofe qu'en la fécondité dugénie,qui peut rendre , par exemple un Muficien Capablede Compofer les plus beaux chants &la plus agréable har-monie par l'arrangement & parle ménage des fons differensen nombres & en intervalles , fans avoir cette parfaitecon •noilfance de toutes les proprietez des nombres des gran-deurs & des figures, qui fait les grands Mathématiciens quifçavent fort bien rendre la raifon des effets que produifentles machines quand elles font inventées.
4. On peutlafairfpancher. Les machinesàeleverles fardeaux dont il a efté parlécy-devant, n'eftoientfaites que pour les élever à plomb fur le lieu où ils avoientefté pris : parce qu'elles eftoient appuyées fur trois pieces de•bois comme fur trois piez. Le Polyfpafte qui n'eft appuyéque fur un, pouvoit eftre incliné de tous les coftez , &c parce moyen pofer les fardeaux aux endroits vers lefquels onl'inclinoit ; mais il eftoit très-difficile à manier , ainfi queVitruve avertit au commencement du chapitre : car pourfaire pancher & tourner à droit & à gauche la poutre quifoûtenoit le fardeau , il falloir lâcher ou bander les aubans
qui la retenoient des quatre coftez, & d'ailleurs ces aubans»embaralfoient beaucoup : Car enfin pour faire agir ces au-bans il eftoit necetfaire de tirer encore avec plus de forceque pour élever le fardeau mefme , parce qu'il falloir levée&c le fardeau & la machine : de forte qu'il autoit efté beloir»pour tirer chaque auban d'y mettre des moufles pareilles àcelles qui font à la poutre pour élever le fardeau.
Noftregrue eft bien' plus commode: car apiés avoir éle-vé le fardeau par le moyen du treuil E , autour duquel lecable s'enrortille lorfque l'on fait marcher les hommesqui font dans la roue F , on le peut aisément pofer où 1 onveut par le tournoyement de la partie mobile de la machi-ne , marquée CCBBD, qne l'on appelle le Gruau , & qui neft foûtenue fur un feul pivot au haut de la colone A A.Cette partie mobile eft compofée d'un long arbre C B D,pofé obliquement fur la colonne A A, & affermy par lesécharpes que des moifes lient & aflemblent. Ces moiles fontjointes par des boulions & des clavettes de fer, ainfi qu il fevoit dans la moife B B, qui eft jointe par quatre boulions àla moife H H , 1 une & l'autre moife eftant entraillée en plu-sieurs endroits, tantoft en rond, pour former le trou G , quiembralfe le haut delà colonne, tantoft en quarté & obli-quement pour embraflerle grand arbre & la grande écharpe»A l'imitation de la giue j'ay inventé deux machines pourélever les fardeaux : la premiere fe fait par le moyen de ce-luy detous les organes qui eft réputé le plus avantageux dansla Mécanique pour faciliter le mouvement, parce qu'il eftexempt de l'inconvénient qui fe trouve dans tous les au-tres j qui eft ce que nous appelions le frottement des par-ties de la machine , qui rendent fon mouvement plus difti- C»cile. Cet organe eft le Rouleau qu'Ariftote préfère à tousles autres organes, parce que tous les autres comme lesroues, les moulinets & les poulies frottent necellàirementpar quelque endroir. Mais la difficulté eftoit d'appliquer lerouleau à une machine qui eleve des fardeaux, fon ufagen'ayant efté jufqu'a prefent que pour les lairerculer fur unplan à niveau. La machine que je propofe aune bafe AAB,a peu prés comme la grue : Cette bafe aparenhautdes moi-fes B , qui embraffentun arbre C O , qui eft pofé droit furfon pivot O, fur lequel on fait tourner la machine , demefme que la Grue quand on veut pofer le fardeau. Cet ar-bre foutient par enhaut un travers D D , auquel font atta-chez les cables E E, qui s'entortillent au tour du Treuil ourouleau F, qui a un autre cable G, qui eft audi entortillé àun de fes bouts : ce dernier cable eft celuy qui élevé le far- £)deau. A l'autre bout du Treuil il y a une grande roue de bois,
en forme dePoulie H H ,àl'entour de la-quelle une lon-gue corde N,eft entorrillée.Pour faire a-gir la machineon tire la lon-gue corde N ,qui faifanttourner la gran-de Poulie , faitanfli tourner leTreuil F, qui y Eeft attaché. CeTreiiil en tour-nant fait queles cables E E,s'entortillent i& cet entortil-lement fait quele Treuil & lagrande Pouliemontent , 8cqu'en mefmetemps le cableG , auquel le
faire;