L I V R E X. 19S
CHAPITRE I.
Des Machines t fçavoir ce que c eft } comment elles different des Organes ,
de leur origine, & de leurnecefité,
TV ^* A c H i N E eft un afTemblage de bois bien joint, par le moyen duquel on peut
Chap.L
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remuer de très-lourds fardeaux.* L'effet de la Machine dépend de l'Art, ? &il
* eft fondé fur le mouvement circulaire que les Grecs appellent Cycliken kjmecin. 4 Lèpre- Mouvement tir-mier genre de Machine eft pour monter, les Grecs l'appellent Acrobmcon. Le fécond gen- gù m0 nte enre qu'ils nomment Pneumatïcon eft pour le vent: le troifîéme eft pour tirer, qu'ils appel- *****UntBanaufin. S$£?
B La Machine pour monter eft celle qui eft difpofée en forte, que par le moyen de deuxpieces de bois d'une certaine hauteur , & jointes par plufïeurs pieces traverfantes, on peut
* monter s fans danger pour voir & reconnoiftre les travaux des ennemis. La Pneumatique' eft celle qui 6 par l'impulfion de l'air imite 7 le fon des inftrumens que l'on touche 3 & mê-
i. Machine est un assemblage de bois.La definition que Vitruve apporte icy de ce qu'on appellemachine , & la divifion qu'il en fait en trois efpeces , nefont pas fort juftes : Mais fur tout il me femble que le motde materia qu'il fait entrer dans fa definition n'y devroitpoint eftre:car s'il fignifie en general quelque matière que ceioit, il répugne à la notion de la machine, qui confifte da-vantage dans la forme & dans l'art, que dans la matière :mais fi materia fignifie particulièrement du bois ainfi qu'ilfemble que Vitruve l'entend, cela eft encore fans raifon,C les métaux, les cordages, la gtaifle, &plufieurs autres cho-fes eftantla matière des Machines aufli bien que le bois.
Z. L'E FFET DE LA MACHINE DEPEND DE L* ART.
C'eft ainfi que je traduis movetur ex arte : car quoy qu'onpuifle dire en quelque manière que la machine eft remuéeparaît, la vérité eft que c'eft le poids qui eft remué par l'art,& non la machine qui eft proprement remuée par quelquepuiflance naturelle telle qu'eft ou le poids qui emporte lesbalances, ou le bras qui prefle le levier , bien entendu quecette puiflânee naturelle eft employée & conduite par l'Art.C'eft pourqnoy Ariftote dit fort bien que la Mechanique eftcompofée de la Phyfique & des Mathématiques.3. Il est fonde' sur Lt mouvement circulaire. Ariftotedit que toute la Mechanique eft fondée fur le levier, que lelevier depend de la balance, &que l'effet de la balance doiteftre attribuée à la vertu du cercle.On entend par la vertu duJ) cercle la faculté qu'il donne au fardeau que l'on veut re-muer, & à la puiilance mouvante, de s'égaler l'un à l'autre,ou de fe furmonter l'un l'autre quand ilsagilfcnt a l'oppofitel'un de l'autre : car cela fefait par la necefîité dans laquelleces deux puiflances font de faire décrire des cercles aux dif-férentes parties del'inftrumentfur lequel ils agiflènt ,îorf-quedulieuoitle poids pefe, à celuy fur lequel la puiflancemouvante agit , il ya une ligne dont une partie demeureimmobile, pendant que toutes les autres font en mouve-ment :carpar cette neceflitéde faire des cercles qui font plusgrands , ou plus petits, felon que les puiflances agiflènt ouplus prés ou plus loin du point immobile de la ligne droite ;il arrive que fi les cercles font inégaux , à caufede la diffé-rente diftance dans laquelle les puiflances font du point im-mobile de la ligne droite, le mouvement le fera aufli, & ainfifelon la proportion qui eft entre les cercles qui font faitsE par la puiflance mouvante, & ceux qui font faits par la puif-fance du poids , la puiflance mouvante égalera ou furmon-terala puiflance du poids. Car fila puiilance mouvante qui
agit au point D , eft égale aupoids qui agit au point E ,elle n'aura point d'effet, par-ce que les cercles que l'une &c[ l'autre font décrire , font e-ganx : mais fi elle agit au pointC , elle emportera le poids'* E , parce que le cercle C F ,qu'elle fait décrire , eft plusgrand que le cercle A E , quele poids fait décrire ; & ainfi
le mouvement qu'elle fait dans la portion CF de fon cerclefera plus grand que celuy que le poids fait dans la portionA E du fien.
Cette demonftration eft fort claire, mais fon principe neleft pas de mefme , & iln'eft pas aifé défaire entendrepoiirquoy la longueur de l'efpace dans lequel le mouvementfe fait,augmente la force de ce qui le caufe:Car tout ce que l'onpeut dire eft que la forced une puiilance mouvante dépend dela proportion qui eft entre fon degré de force & celuy de la re-fiftance du corps qu'elledoit remuera que de même que cetterefiftance vient de deux chofes, fçavoir de la repugnanceque le corps aenltiy mefme aumouvement,& de l'efpace parlequel il doit eftre remué, y ayant plus de difficulté à porterloin une chofe pefante qu'à la remuer Amplement ; on peutdire aufli que la puiflance de remuer qui eft oppofée àlapuif-fance de render au mouvement , confifte en deux chofes,dont l'une eft la puiflance qu'elle a abfolument& Amplementde furmonter la refiftance, l'autre eft la puflance quelle a defaire cette action par un long efpace ; de foi te que l'on peutdire qu'ellea un moyen de furmonter une des parties de larefiftance quand elle peut agir par un efpace beaucoup plusgrand que n'eft celuy dans lequella force reiïftante peut refî-fter : Car fuppofé que deux poids égaux foient fur un levieraune égale diftance de l'appuy, l'un n'emportera point l'au-tre, pareeque tout y eft égal, fçavoir la puiflance de mou-voir eft égale à la puiflance de reiifterau mouvement, & lapuiflance de mouvoir par certain efpace eft égalée par unepuiflance de refîfter au mouvement par un pareil efpace 1mais (il'un des poids eft plus éloigné de l'appuy que l'autre,alors comme ce poids eft en eftat de décrire un plus grandcercle que l'autre , la puiflance de refîfter au mouvement de-vra eftre moindre que la puiflânee qui peut mouvoir ; parceque l'une ne peut refîfter que par un petit efpace pendant lemefme temps que l'autre peut agir par un efpace beaucoupplus grand.
4. Le PREMIER GENRE DE MACHINE. La défi.
nition de machine en general felon Vitruve ne convientpoint à ces efpeces : Car ny les échelles ny les machines àvent he font point faites pour lever de lourds fardeaux parla vertu du mouvement.
5. Sans d an g e r. il eft difficile de deviner poiirquoyla feureté eft mile dans hfnefinitionde cette machine vu quelecontraireeftun peu après ,lors qu'ileft dit qu'elle eft prin-cipalement remarquable par la hardiefle de ceux qui s'enfervent. De plus la fin & l'ufage de cette machine eft re-ftraint aflez mal à propos aune feule chofe , car outre qu'u-ne échelle eft une machine qui peut fervirà autre chofe qu'àla guerre, elle peut aufli dans la guerre mefme fervir à autrechofe qu'à découvrir ce que fondes ennemis.
6. Par l'i m r-u l s i o n de i'a 1 r. Je lis Spiritus im-pulfu , gr plagœ , vocefcjueorgamcos expnmuntur , au lieu deSpiritus exprefsionibus tmpulfus & flags, vocefqtte çrganicosexprimuntur ; cela n'ayant point de fens , parce que le motexprefsionibus eft manifeftement inutile, & que ['s, tout demefme eft fuperflud ns impu!fu<.
7. Le SON DESINSTRUMENS Q_U E l'ûK TOU*
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