LIVRE VIII. 2.69
A Enfin fi le lieu eft fi dur que l'on ne puiiTe créufcr de puits, ou que l'on ne trouve point C h V11
* de fource dans le fond, il faudra amaffer l'eau *+qui tombe des'toitsou des autres lieuxélevez dans des refervoirs faits de l'ouvrage appelle Signinum , qui fe doit preparer de cet-te forte. Il faut avoir de bon fable fort net & fort afpre , des cailloux caliez de telle grof-feur qu'ils ne pefent pas plus d'une livre chacun, & de la plus forte chaux que l'on pourra
* trouver, dont on méfiera deux parties dans un mortier avec cinq de fable. '* Parmy cemortier de chaux & de fable on méfiera les cailloux, & de tout cela jettédans une tran-chée qui fera de la profondeur que doit avoir la cillerne, & battu avec de gros leviers fer-rez par le bout, on fera les quatre murailles ; Enfuite on vuidera la terre qui eft au milieujufqu'au bas des murailles ■■, &c le fond eitant bien applany, on mettra du mefme mortierque l'on battra aulfi pour faire le fond, qui aura une épaiffeur convenable.
B Que fi l'on fait deux ou trois de ces refervoirs, en forte que l'eau puiiTe aller de l'undans l'autre pour y eftre purifiée, elle fera rendue bien meilleure, parce que le limon de-meurant dans l'un des refervoirs, l'eau fera gardée dans l'autre bien plus claire, & elle yconfervera fon gouft & fon odeur naturelle : finon l'on y ajoutera du fel qui la rendra plusfubtile.
J'ay écrit dans ce livre tout ce que j'ay pu trouver touchant les vertus des eaux, de leursdifferences &c de leurs utilitez dans l'ufage ordinaire, comme aufTi comme-nt il les fautconduire, & examiner leurs qualitez : je traitteray dans celuy qui fuit, de la Gnomonique >& de la manière de faire les Cadrans au Soleil.
doivent diminuer la quantité des vapeurs de celuy du mi-lieu ; ce qui eft difficile à croire. De forte que je penfe quel'expédient queViti'uve apporte,de creuferdeux nouveaux
C puits, fe doit entendre, qu'au cas que l'on trouve un puitsdont l'ouverture ibit étroite & le fond bien large, il fautavant que d'y defeendre , faire l'expérience delà lampe,afin que fi elle s'éteint par la quantité des vapeurs qui fontretenu, s au fond à caufe du rctredfTement de l'ouvertured'enhaut , on faffè d'autres ouvertures pour donner uneiffué plus libre aux vapeurs.
14. L'e a u qji 1 tombe des toits. Je trouve quePhilander qui lit ex tttlis a plus de raifon que ceux qui fui-vantBaldus corrigent le texte &lifènt ex teftis : CarVitru-ve a déjà dit la mefme chofe en parlant de l'amas que l'onfait des eaux de la pluye dans les cifternes , c'eft au cinquiè-me livre chapitre 9, où il dit que Aqu& de Cœlo repentimstempeftatibus ex tegulis recipiuntur. Et 1 expreffion de Vi-truve ne doit pas fembler fuperflué', quand il dit qu'il fautrecevoir dans les cifternes l'eau qui tombe fur les toits ou
D fur d'autres lieux élevez : car il veut dire que fi l'eau qui tom-be fur les toits , qui eft la plus nette , ne fuffit pas, il fau-dra auffi recevoir celle qui tombe dans les cours qui fontplus élevées que le haut de la Cifteme. D'ailleurs il n'eftpoint vray que le Signinum dont il veut que les Cifternes
foient bafties, fe fafïé ex teflis , avec des tuyîeaux ; car il nele fait que de moitier de chaux & de fable: En forte qu'il y alieu de croire que l'eflènce de Y opus Signïnum ne confiftoicpas dans la matière dont il eftoitfait, bien que cefuiileplusfouventde tuyîeaux callèz,ainfi que Pline le témoigne, maisqu'ileftoitainfi nomméàcaufe que les peuples appeliez Si-gnins eftoient en reputation de faire de bon mortif r,& qu'ilsle faifoient tel, à caufe du foin qu ils prenoienc de le b ittrjçlong-temps pour le rendre folide ; car il eft dit au quatriè-me chapitre du fécond livre que le mortier de fable de r: vie-re fait un corps bien folide fi on le corroyé & fi on le bacavec des baftons comme le Sivninum. Fluviatka protnermœcritatem uti fîgninwn bacillorum fubatlionibus in tetiorisrecipit foliditatem.
15. Parmy ce mortier. Il y en a qui' croyentque mortarium fignifie dans Vitruve, non feulement le vaif-feau ou l'on gafche & où l'on corroyé la chaux, le fable,le ciment, la poudre de marbre, Se toutes les fortes de com-position dont on fe fert pour joindre les pierres -, mais qu'ilfe prend auffi pour la compofirion mefme , ainfi que l'ufagel'a prefentement étably parmy nous. Néanmoins cela nefetrouve ny dans Vitruve, ny dans Pline, ny dans Columel-Ie , ny dans les autres Auteurs anciens qui ont écrit de ceschofes.
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