LIVRE VU, 139
A Si Ton veut faire des enduits contre 1 * des cloifonages de bois, il faut prendre-garde qu'il Chap IIIeftprefqueimpoiublequeles pieces montantes &c les traverfantes ne faiTcnt fendre l'en-duit, parce que quand on les couvre de terre grafle elles s'hume&ent, & qu'en fe feichant
* elles fe retirent : c'eft pourquoy il faudra travailler en cette manière. Quand la cloifon feracouverte déterre grafle, on y attachera tout du long avec lH des clouxatefte^ des cannes clAvl m fc*rii.fur lefquelles on mettra de la terre graffe, & puis encore un autre rang de cannes, qui fe-ront droites, fi les premieres ont efté nufes en travers ; & enfuite on enduira, comme il aelle dit,avec le mortier de lable & celuy de marbre : car ainfi ce double rang de cannes po-fées au contraire les unes des autres & arreftéespar tout, empefehera que i'ouvrao-e ne ferompe & ne fe fende.
pour cette lignification qui eft autre en cétendroit-cy.D 13. Des et 01 son n a g £ s.Je traduis ainli craticitparie-tes % parce que cette efpece de muraille eftoit anciennementemployéeaux cloifons . ainli qu'elle left encore parmy nous:c'eft pourquoy elle eft nommée par Pline & par Feftus pariesintergerivHs. On l'appelle autrement en françois colom'ageoupan de bois. Je ne fuis pas de l'avis de Philander qui croitque ces fortes de murs eftoient de cannes entrelacées commedes claies, àcaufe que craies fienifie une ciaïe : caril eftévi-
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dent que les cannes que Vitruve a entrelacées lur ce mur nefont point ce qui le fait eftre crœticius ; parce qu'elles n'y
font mifes que pour faire tenir l'enduit, fans lequel le nompeut fubfiftei & eftre dit cratuiu , àcaufe qu'il eftoit fait depoteaux qui eftant pofez droits, eu avoient d'autres en tra-ver s qui les lioient & faifoient une forme de grille.
'4. Dts clous a teste. On ne fçait point bien préci-sément ce que c'eft icy que Clavi vmfcarihan juge feulementque Vitruve a voulu fignifier une efpece de c'ous qui ont unetefte large & platte , a caufe que Pline dit que les plantesdont la graine eft en umbellefaifant comme un bouquet platau haut delà tige, ont leur graine in mufearij.
CHAPITRE IV.
Des Enduits que l'on fait aux lieux qui font humides.
C A Près avoir dit de quelle manière les enduits doivent eftre faits aux lieux fees, je vaisXJL enfeigner comment dans les lieux humides on les peut faire en forte qu'ils curentlong-temps fans fe gafter.
Les appartemens qui font à rez de chauffées doivent eftre enduits par le bas environ de lahauteur de trois piez avec du ciment, au lieu de mortier de chaux & de fable, pour défen-
* dre cette partie du mur contre l'humidité. ' Mais fi le lieu eftoit tel que la muraille fût forthumide, il faudra bâtir un autre mur plus eftroit en dedans, & diftant du gros mur autantqu'il eft befoin, laifTant entre les deux murs un canal qui foit plus bas que le pavé de l'ap-partement & qui ait des ouvertures libres en un heu découvert. Le petit mur eftant eleve àhauteur doit avoir aulTi des foûpiraux : Car fi l'humidité ne s'écouloit point par les con-duits d'embas, & ne fe pouvoit évaporer par les foûpiraux d'enhaut, cette conftruclion
D d'un nouveau mur ne rendrait pas l'enduit moins fujet à fe gafter. Cela eftant fait le petitmur fera enduit de ciment, dreile & recouvert de Stuc.
* Que s'il arrivoit que le lieu * ne pût pas permettre de baftir ce petit mur, il faudra faire
1. Mais sile lieu est oit tee que la murail-tE fust fort h u m i d e , &c. Il feroit neceflaire de feavoirde quelle humidité Vitruve parle pour bien entendre ce: en-droit : Car s'il s'agit de 1 humidité que la terre communiqueau mur lorfqu'elle eft plus haute que le plancher Ae l'appar-tement , il eft aiféde comprendre que le petit mur ou le lam-bris de poterie, peuvent rendre le dedans des appartemensexempt de cette humidité; parce que l'eau s'écoule parlecanal qui eft entre les deux murs, & la vapeur humide quiy eft renfermée s'exhale par les foûpiraux qui font en haut :mais s'il s'agit de la vapeur humide dont tous les lieux basE font remplis & qui en rend les murs moites , lorfqu ils con-denfent & font refoudre cette vapeur humide, il eft con-stant que le petit mur ne fçauroit fervirde rien, parce que lavapeur humide s'amaifera aulïi bien contre le petit mur &contre le lambris de poterie que contre le gros n m : de fortequ'il femble que la ftru&ure,dont il eft icy parlé, n'eft quepour faire que l'eau qui pénètre le gros mur s'écou'e par lemoyen du canal qui eft entre les deux murs, & que la vapeurqui s'élève de cette eau. forte par les foûpiraux.
1. N •• PUST PAS PERMETTRE DE BASTIR. il y a
apparence que le fens eft que fuppofé que la place du dedansde l'appartement foit trop étroite pourbiftirce lecond mur,il fautau lieu d'un mur, fe contenter d'une cloifon ou bmbrkfait de tuyles cieufes ,dont l'épaifteur n'eft pas là vingtième
Ch^p.IV
partie du petitmur, La Figureque j ay rai tau.vaut la penféedeRufconi, expli-que allez bien letexte:Mais il eftdifficile de devi-ner à quoy fer-vent les piles debriques D D ; &les carreaux C C:car les tuylescrenfes EE, pou-voient eftre po-fées immédiate-ment lui le canalB, quieille longdu gros mur A A.Et l'on peut mef-me dire qu'el-les auroient eftémieux de cettefaçon, parce queta vapeur de l'eau
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