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Les dix livres d'architecture de Vitruve
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237
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LIVRE VIL 137

* À les ouvrages on l'employé. Les membrures eftant arreftées, on y attachera ' des Can- Chap. III.nés Grecques battues & écachées, afin qu'elles fe puiiîent aifément plier felon la courbeu-

Ire des voûtes ; & elles feront liées avec des cordes faites de Genet d'Efpagne. PardeiTus onenduira avec du mortier de chaux & de fable, pour retenir l'eau qui pourroit tomber desplanchers ou des toits. Si on n'a point de Cannes Grecques on prendra dans les étangs cel-

* les qui font les plus menues, ôc on en fera 4 des fagots d'une longueur convenable, & d'u-ne groffeur la plus égale que l'onpourra , en les liant avec les mefmes cordes de Genet , entelle forte qu'il n'y ait pas plus de deux piez de diftance entre les nœuds que ces cordes fe-ront fur les Lambourdes ; & ces nœuds feront faits fur des chevilles de bois fichées dans lesmembrures , le refte fe fera comme il a efté dit cy-deiTus.

Les planchers en voûte eftant ainfi préparez, il faudra enduire le deffous en le degrof-B filïant premièrement avec du plaftre, & l'égalant après avec du mortier de chaux & de fa-ble , pour le polir enfuite J avec la craye ou Te marbre. La voûte eftant polie on fera les cor-niches , qui doivent eftre fort petites ; car celles qui iont groiTes & maffives font en dan-ger de tomber à caufe de leur pefanteur. Il n'y faut point aufli de plaftre, mais elles doi-vent eftre toutes pures de marbre mis en poudre, de peur que l'ouvrage ne fe feche inéga-lement le plaftre venant à fe prendre & à s'endurcir piutoft que le marbre. C'eft pourquoy

* il ne faut pas fuivre la manière des Anciens j les corniches qui pendent é en leur platfondseftant dangereufes à caufe de leurpefanteur.

Il y a deux fortes de corniches , les unes font fîmples, les autres font taillées de fculptu-

re. Aux lieux on fait du feu, &£ dans lefquels l'on allume beaucoup de lumière, on les

doit faire (impies, afin que l'on puiffe eifuyer aifément la fuyequis'y attache 3 mais dans

C les appartenons d'efté, l'on s'afîemble fans y rien faire qui produife de la fumée ou de

la fuye , on les peut faire taillées. Car c'eft une maxime que la blancheur de ces fortes

* d'ouvrages 7 eft une chofe fi delicate > que la moindre fumée, mefme des lieux d'alentourqui s'y attache, les gafte aiiément<

Après avoir achevé ces corniches il faudra enduire les murailles grolTierement } ck de-

* vant que cet enduit foit tout-à-fait fee 5 on aura foin d'ébaucher & les moulures que l'onveut faire avec le mortier de chaux & de fable, en forte que les membres qui traverfentfoient bien droits & à niveau, que ceux qui defeendent foient aplomb, & que leurs an-gles fe répondent àl'équerre : car cela eitant ainii, les quadres dans lefquels les peinturesdoivent eftre faites, feront comme il faut. A mefure que cet ouvrage fe fechera, il faudramettre une féconde & une troifiéme couche de mortier ; parce que plus il y aura de cou-

j) ches de mortier pour fonder la faillie des corniches, & plus elles feront fermes & moinsfujettes à fe rompre.

de Rovre qui eft dansl'Hiftoire générale des Plantes,neftpoint en ufage en France. La difference qui eft entre cesdeux arbres ,eft que Juercus ou Chefn* eft plus grand, fesfeuilles plus larges, Tes glands plus courts, & Ton bois plusfujet à fegerfer que celuy de Robur , qui eft ferme &: dura-ble, noueux & tortu , tout l'arbre eftant moins grand, lesfeuilles plus étroites, & les glands plus longs.

3. Dfcs Cannes Grecques. On ne trouve pointdans les Auteurs qui ont écrit des plantes qu'il foit fait men-tion d'une efpece de cannes qui ioient appellees Grecques.Mais il y a apparence que l'efpecedont il eft icy parlé eft decelle queThecphrafte appelle plecimon, c'eft-a-dire qui eftL fi menue qu'on la peut entrelallèr & tortiller, ainfi quenous faifons la paille dont on garnit des chaifes & dont onfait de la natte.

4. Des fagots. Cet endroit eft grandement cor-rompu. J'ay fuivy la correction de Balde, qui lit Sin auternarnndinis grace copia non erit de paludibus tenues colligan-tur;<*r mataxats., tomict ad juftam langitudinem una crdfsLtudine allig itionibus temperentur au lieu de Paludibus te-nues colli: antur & matàx* ejr tomice , ef-ç. Balde a fait cettecorrection après Budée qui croit que matax ire fignifie amaf-fer plufieurs chofes enfemble , comme de la foye ou du filquand on en fait des écheveaux. Il explique auiTuwz/CÉ'corn-ue eftant l'ablatif de tomice tomtees qui vient duGrec?fco-minx qui fignifie une petite corde : en forte que le feus du tex-

te foit. Arund'wcs de paludibus tenues 1 colligarttur, &ma-taxât*. ( hoc efi infafciculos efformatét ) tomice (feu funiculo )ad juft im longitudinem unàcraÇsitudine tenperentur.

5. Avec la c r a y e. Cette craye dont on polit lesplanchers eft appellee par Cifaranus creta tomentata, C'eftun mclangede craye &de bourre.

6. En leur plAtfond s. J'interprète ainfi Plant.?»<cquieft un mot particulier à Vitruve, qui ne peut fignifie»icy queleplatfond ou foftitede la faillie delà corniche , oubien tout le platfonddu plancher; mais le fens veut qu'onl'entende feulement de la corniche , & que planifia ne foitpoint joint à C amerarum, mais à Coronarum: parce que Ca~wer^qui fignifie des voûtes, n'ont rien de plat, & que le dan-ger de tomber dont il s'agit n'eft que pour les corniches , &non pas pour les voûtes,

7. Est une chose si delicate. L'expreffion deVitruve eft hardie ; il appelle fuperbiam la delicatelfe qui faitque la blancheur ne peut fourrrir rien de ce qui peut fallir,fans en eftreofrènfée : Il fembîe que nos Maçons a'yent vou-lu imiter cette figure quand ils ont introduit la manière d'ex-pliquer par le mot de fierté'., la dureté importune qui faitéclacter les pierres, lorfqu'elles font poféesfur quelque cho-fe qui leur refifte avec trop de force.

8. Les moulures. Quoyque le mot direïliones ne fi-gnifie pas proprement & particulièrement des moulures ,niais feulement en general des chofes qui font conduites en

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