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Les dix livres d'architecture de Vitruve
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226
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V I T RU V E

Pour ks hornmes.

Chap. X. qu'il faut pour le fervice, & pour ceux qui y jouent des jeux. C'eft dans ces Salles que le Afont lesfeftins des hommes ; pareeque ce n'eft point la coutume que les femmes le met-tent a table avec les hommes : Et c'eit pour cela que ces Penftyles font appeliez Andromè-des, parce que les hommes feuls y habitent 9 fans eftre importunez par les femmes. A droit& à gauche de ces Baftimens qui ont des Periftyles, il y a de petits appartemens deo-ao-ez,qui ont des Portes particulières & des Salles & des Chambres fort commodes, deftinéespour recevoir les furvenans qui ne logent point dans les appartemens des Periitylcs. Carceux qui eftoient opulens Ôc magnifiques parmy les Grecs avoient des appartemens de re-ferve avee toutes leur commoditez, dans lefquels ils recevoient ceux qui eftoient venusde loin pour loger chez eux. La coutume eftoit qu'après les avoir traitez le premier joui-feulement , I0 ils leur envoyoïent enfuite chaque jour quelques prefens des chofes qui leur *venoient de h campagne, comme des poulets, des œufs , des herbages, & des fruits. D: B eft venu que les Peintres qui ont reprefenté ces chofes que chacun envoyoït à fes hoiksles ont appellees Xenia. Ainfi ceux qui voyageoient eftoient logez comme chez euxpouvant dans ces appartemens vivre en leur particulier en toute liberté.

Entre ces Periitylcs dont nous avons parlé, & les appartemens des furvenans, il y a despafïages appeliez Mefaules 3 comme qui diroit " entre deux Palais , à caufe qu'ils font entredeux Aules ; nous les appelions Andronas : mais c'eft une chofe furprenante que ce mot ne

Chofes deftine'esaux étrangers.

Pal'is apparie.vans aux hom.

mes.

frottoir.

Promenoirs,i/fvant.portes.Barrières.Souffrons,

fignifie point en grec la chofe

dCc qui eft entendue par les Latins : car les Grecs lignifient par les hommes ont accouftumé défaire leurs feihns & les

£)m montrent letemps propre àla navig-ition.^hti annoncentle Printemps,

Andronas les grandes falles*femmes ne viennent point. Nous nous fervons ainfi de quantité de noms Grecs avec lemefme abus ; comme de Xyftus, de Prothyrum, de Telamones, & de plufieurs autres.Car Xjflos en Grec eft un large Portique les Athletes s'exercent pendant l'Hyver, &nous autres nous appelions Xyfta des allées découvertes pour fe promener, que les Grecs ^nomment Peridromidas. De mefme les Grecs appellent Prothjra les Veftibules qui font de-vant les portes, & Prothyra parmy nous font ce que les Grecs appellent DUthyra. Nousappel Ions audi 1 - Telamones les figures d'hommes qui foûtiennent lesmutulesou lescorni-*aies, mais ce nom ne fe trouve avoir aucun fondement dans l'Hiftoire : Ces figures fontappellees Atlas par les Grecs , parce qu'Atlas ayant efté le premier qui a enfermé le coursdu Soleil & de la Lune, le lever & le coucher des Etoiles, & tous les mouvemens du Ciel,qu'il a découverts avec beaucoup d'efprit & de travail, les Peintres & les Sculpteurs en re-connoifïance de cela l'ont reprefenté foûtenant le Ciel fur fes épaules. C'eft auffipourcette raifon que fes filles Atlantides, qui font appellees Pleiades par les Grecs & VeryilUpar les Latins , ont efté mifes entre les Etoiles. Mon deiTein n'eft pas toujours de changer

tre ne fignifie qu'un triple lit. Au cinquième chapitre de celivre triclinium ell pris pour la falle l'on mangeoit &dans laquelle eftoient les tables avec leurs trois lits.

9. Sans estre importunez r a r les fem-mes. Vitruve parle à la manière des Romains quin'eftoientpas fi galands que les Grecs -.car le mot interpcllare fignifieen Larin quelque chofe de plus que le mot (François d'in-terrompre, & il s'eftend à tout ce qui incommode & quivient mal-à-propos empêcher de faire ce que 1 on veut.

10. Ils leur fnvoyoient. Les prefens quieftoient appeliez Xenia par les Anciens,n'eftoient pas feule-ment donnez par les hoftes qui recevoient des étrangerschez eux, ainfi que Vitruvele dit icy ; mais us le raiioientaudi par les étrangers à ceux qui les logeoient j comme ilfe voit dans Homère entre Glaucus & Diomede qui fe fontréciproquement des prefens que le Poète appelle Xenia.

n. Entre deux Palais Le mot latin Aula fignifieune grande falle, mais le mot grec Aule fignifioit premiè-rement une Cour, ainfi qu'Athénée l'explique par le témoi-gnage d'Homère, & il dit que la cour d'une maifon eftap-[>ellce Auleàcmfe qu'elle eft expofée au vent, enforte queenom Aule vient du mot ao qui fignifie fouffler : qu'enfui-te les Palais des Rois furent appeliez AuU , parce qu'ilsavoient des cours grandes & fpacieufes, & par cette raifonplus expofées au vent que les cours des maifons particuliè-res j & peut-eftre auflî parce que le vent y repaift les Courti-fans : Je croy que noftre langue a fuivi cette mefme ety-

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mologie, car nous appelions la CûKrlelieuoùleRoy refideavec les Pnnces & les Officiers :fi ce n'eft que 1 on veuilledire qu'elle cft prifedu mot latin Curia, qui felon Feftuseftoit dit À ura comme eftant le lieuoù" l'on traitoit les af-faiies publiques, locus ubi magiffratus publieas turxs gc*rebant.

Jecroirois néanmoins que Mefaule pourroit eftre expli-qué comme fi ce mot eftoit composé de mefos & de aidos,pour lignifier un endroit étroit au milieu de deux edifices :enforte que Aule dont MefauU eftcompofé ne fignificroitpoint les edifices qui font aux coftez des lieux appeliezMefauU , mais Pefpace long & eftroit comme une flufte ,qui eft au milieu de ces edifices. car *Aulos ne fignifie pas pfeulement une flute , mais généralement tout ce qui eft long& eftroit. Cette manière d'exprimer une figure longue &eft roi te par le mot de flufte eft familière à noftre langue.

u. Tel am on es. Baldus croit que le mot Telamonvient du Grec Tlemon qui lignifie un miferable qui fupportele mal avec patience ; ce qui convient allez bien à ces figu-res qui portent les faillies des corniches : Servius néanmoinsdit que ce que les Grecs appellent Ados , les Latins lenomment Telamon , mais il y a apparence que ce Grammai-rien a pris cela dans Vitruve, parce qu'il ne fc trouve pointque les Auteurs Latins qui ont parlé de ce Roy de Maurita-nie , qui pour avoir efté fort addonné aux ObfervationsAftionomiques a donné lieu àlaFable, l'ayent appelle au-trement qu'Atlas.