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Les dix livres d'architecture de Vitruve
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206-207
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io6

V

Cavatdium. *

nts.

LIVRE VI.

r ttv fans -, c'eft-à-dire que les precautions que la bon-

CH A P. 111. ne Architedure doit employer, ne font que pour

les enfans , Se qu'il n'importe pas de choquer

par la corruption des proportions, tous les in-

telligens.

Cette manière de répondre me fait compren-dre que le deflein que j'ay eu en communiquantau public la penfée qui m'eft particulière , fur lechangement des proportions n'a pas eu lefuccezque je m'étois propofé ; parce que mon intentionn'eftant point de me fmguUrifer , comme on dit»mais feulement d'obliger les fçavans à m'inftvui-re fur une queftion que je croyois n'eftre pas fansdifficulté, je voy qu'il femble qu'on ne me veuil-le rien répondre de raifonnable, de peur de fairetort à l'autorité des anciens,que l'on pretend eftreau deflus t de toutes les raifons. Ce qui m'a trom- eft que je n'aurois jamais penfé que 1 entefte-ment que l'on a pour les anciens puft aller fi loin:car je croiois qu'on avoir de la veneration pourles ouvrages de ces grands hommes, Se pour lespréceptes qu'ils nous ont laiiïèz, parce que c'é-toient des chofes toujours fondées fur la raifon »quand elles eftoient de nature à eftre réglées parla raifon > telles que font celles, dont il s'agiticy. Cependant je voy que ce n'eft point cela, Sequ'il n'eft point queftion d'examiner fi tout ce queles anciens ont dit, eft raifonnable ou non , maisde l'admirer, de le fuivre aveuglement, & fi l'oneft fage de faire plutoft des compilations de Ser-lio, de Palladio , de Vignole &de Sçamozzi, quede s'attirer des injures en penfant exciter les fça-vans à cultiver & à perfectionner un Art qui de-mande beaucoup d'efprit ,de jugement & de rai-fon. Je ne croyois pas auffi que les Architectesde ce temps fuilènt incapables de raifonnement,ainfi que l'Auteur fait entendre quand il dit,que les raifons dont je me fers pour appuyer "monopinion , font des chofes trop metaphyfiques foureux : mais c'eft fa manière d'outrer ainfi les cho-fes , qui fait que comme il a une trop grande ve-neration pour les anciens Architectes, il traiteauffi avec trop de mépris ceux de ce temps , dansles beaux ouvrages defquels on voit plus d'efpritSe de raifon qu'il n'en faut pour empefeher decroire qu'il leur manque aucune des qualitez ne-ceflaires à ceux qui s'employent à perfectionnerles Arts , & pour perfuader qu'il n'eft pas im-poffible d'ajouter quelque chofe aux inventionsdes Anciens.

CHAPITRE III.Des Cours des Maifons.

1 1 ES Cours des maifons font deu. i cinq efpeces ; on les appelleà caufe de leur figure ou Tofcanes,A quatre aUn- ou Corinthiennes 3 ou Tetraftylesou Découvertes, ou Voûtées. LesTofcanes font celles les poutres

i. Les Cours des maisons. On nefçait point bien certainement quelle partie desmaifons des anciens eft icy appellee Cava &dium.

{>ar Vitruve , Se Cavadium en un mot par Plinee jeune dans fes Epiftres. Car Cavadium , A-trium, Veflibnlum Se Aula, font définis parlesGrammairiens prefque d'une mefme manière, Seils n'en difeut ri^n autre chofe finon que ces par-ties eftoient à l'entrée çfc» maifons & que deon paflbit dans les appartemens. ïWb aro f ur cecendroit de Vitruve Se Palladio après luy ciuyentque Cavtidium Se Atrium font deux efpeces de

2.O7

EXPLICATION DE L A Chap.III.

PLANCHE L I.

Cette Planche reprefente les deux

__ premieres efpeces de Cours que les An-

xiens faïfoient dans leurs maifons. Lapremiere Figure reprefente la Cour Tofcane qui eftoit couverte tout alentourpar des Awvents qui pofoicntfur quatrepoutres foutenuès par quatre potencesposées dans les angles rentrans que fai~foient les murs des baftimens qui eftoientautour de U Cour. A A, font les pou-tres qui traversent le long des murs dela cour. B, eft une des Potences. C 3 eftun des Coy ers. D D, font les Che-rrons. E 3 eft le Chef ne au.

La féconde figure reprefente UCour Corinthienne qui eft entouréed'un rang de colonnes Ifolées & éloi-gnées du mur pour joûtenir lentable-ment de la couverture 3 fur lequel il y atin chefneau de mefme qu'à la cour Tof-cane. Cela fait un corridor pour allerà couvert le long des murs, le croy quela manière lïcentieufe que les Archite-ctes modernes ont mife en ufage 3 qui eftde faire des demi colonnes ou des Pilla-'ftres qui foutiennent t entablement &qui défendent jufqucmbas 3 comprenantplufteurs eftages 3 eft une reprefentationdes cours Corinthiennes des Anciens.J'appelle cette manière licentieufe , par-ce quelle eft contre le plus commun ufa-ge {0 contre la raifon : car les Anciensont toujours donné un ordre a chaque éta-ge 3 ainfi qu i\ f voit au dehors & auxScenes de leurs Theatres ; & la raifonveut que les colonnes eslant faites pourporterie bout des poutres des planchers ,il y ait autant d'ordres de colonnes qu'ily a de planchers. Cette matière eft encoretraitée fur Uftn du chapitre qui fuit.

U.^rnfianM fniln.