■■
îç;o
VITRUVE
Chap.X. mefme proportion de celuy qui contient la froide dans celuy qui contient la tiède. J Le Adeffous des Bains fera échauffé par un feul fourneau.
Le plancher des Etuves qui doit eftre creux & fufpendu 3 fera ainfi fait. Il faut première-ment faire un pavé avec des quarreaux d'un pié & demy qui aille en penchant vers le four-neau , en forte que 6 fi l'on y jette une balle , elle n'y puifîe demeurer, mais qu'elle retour- *ne vers l'entrée du fourneau : car par ce moyen la flamme ira plus facilement fous tout leplancher fufpendu. Sur ce pavé on baftira des piles avec des Briques de huit poulces, dif-pofées & efpacées en forte qu'elles puiffent foûtenir des quarreaux de deux piez en quarré.Ces Piles feront hautes de deux piez & maçonnées avec de la terre graîfe méfiée avec de labourre ; & elles porteront, ainfi qu'il a efté dit, les quarreaux de deux piez en quarré , furlefquels fera le Pavé.
Pour ce qui eft de la voûte des Bains, le meilleur eft qu'elle foit de pierre : mais fi elle Brfeft que de charpenterie il la faudra garnir & lamb riiTer de poterie en cette manière. Onfera des verges ou des arcs de fer qu'on attachera à la charpenterie avec des crampons defer affez prés-à-prés pour faire que des carreaux de poterie qui doivent eftre fans rebordpofent chacun fur deux arcs ou verges de fer 3 afin que tout le lambris de la voûte foit foû-tenu fur du fer : Le deffus de ce lambris fera enduit de terre graife méfiée avec de la bour-re , de le deffous qui regarde le pavé, avec de la chaux & du ciment que l'on recouvrira deopHs albmum. Stuc , ? ou de quelque autre enduit plus délié. Il fera bon que cette voûte foit double, afin *que la vapeur qui fera receue* entre-deux, s'y difïipe & ne pourriffe pas fî-toft la charpen-terie.
La grandeur des Bains doit eftre proportionnée au nombre du peuple : mais leur pro-portion doit eftre telle qu'il leur faut de largeur un tiers moins que de longueur, fans com- C
des tuyaux , qui font au fond de chaque vafe & qui vontdécharger dans le bain ces différentes eaux quand on en ou-vre les robinets ; il arrivera lorfqu'on tirera de l'eau tièdedu v«ife H , que cette eau venant à bailler dans fon vafe quieft au milieu des deux autres, l'un & l'autre de ces vaifleauxdont l'eau fera alors plus haute, ne manquera pas de la laif-fèr couler dans le vafe du milieu, ce qui eft contre le texte,qui dit que l'eau froide feulement doit entrer dans le vafede l'eau tiède. De forte que pour obvieràcet inconvenient,il faut concevoir que le Siphon K, qui fait aller l'eau tièdedans le vafe de la chaude a une foupape au bout qui eft dansle vafe de l'eau chaude & que cette foupape empefche quela chaude ne puiflè palier dans le vafe de l'eau tiède : car celaeftant ainfi, lorfque l'eau tiède baillera dans fon vafe , il nepourra recevoir que l'eau du vafe qui contient la froide : Ilfaut encore fuppoferque le Siphon L , qui porte l'eau froi-dedansle vafede la tiède ,a auffi une foupape au bout quieft dans le vafe de l'eau tiède pour empeicher que lors quel'on tire de l'eau froide, la tiède ne puiflè palier du vafe Hdans le vafe J.
• 5. Le dessous des Bains. Alveus fignifie pro-prement dans les Bains la cuve où l'on fe baigne, mais onpeut douter s'il ne fe doit point entendre icy des vaifleauxd'airain où les eaux chaude, tiède & froide eftoient conte-nues j Et ficela eftoit ainfi, la figurede Barbaro & la mien-ne feraient meilleures que celle de Cifaranus , parce que letexte dit que la voûte qui eft deffous ces vaifleaux pour leséchauffer, leur eft commune, ce qui ne feroit pas aux vafes
de Cifaranus dont il n'y a que celuy de l'eau chaude qui foitfur le feu. Mercurial dans fa Gymnaftique croit que ce four-neau fouterrain eftoit commun & donnoit de la chaleur tantaux vafes d'airain qu'à l'Etuve & aux bains chauds, ce quife voit auffi dans le chapitre fuivant, par la fituation des dif-férentes parties dont les bains eftoient compoiëz.
6. Si l'on y jette une balle. Mercurial ap.porte une autre raifon de cette pente que le pavé du four-neaudevoit avoir, Si un autre ufage de ces balles ,qui eftoitque ceux qui avoientfoin d'entretenir le feu dans ce four-neau, le faifoienten jettantune balle frottée de poix , &faifant rouler cette balle fur le plancher qui devoir ainfieftre en pente, afin que la balle put revenir. NéanmoinsPalladius dit que cette pente de l'atre du fourneau des bainsétoit faite pour aider la chaleur à monter afin d'échaufferplus puiflàmment.
7. Ou de quel qu'autre e n d u i t. Il paroift parcet endroit quAlbariumopusrieQ: point un fijnple blanchif-fement de lait de chaux , comme tous les Interprètes lecroyent ; mais que c'eft une efpece d'enduit, opère albariofive teiïorio .J'interprète Albarium opus , le ftuc , parce quede tous les enduits il eft le plus blanc àcaufe du marbre dontil eft fait. Je traduis auffi , five teïïorio , c'eft-à-dire fiz e alioquovii tettorio, de quelqu autre enduit plus délié que le ci-ment : parce qu'après avoir dit qu'il faut mettre le ftuc,quieft un enduit délié, fur le degroffiflement du ciment, il fautentendre que fi au lieu de ftuc on y met une autre efpeced'enduit, ce doit eftre un enduit fin & délié.
D
EXPLICATION DE LA PLANCHE XLVIII.
Cette Planche contient le Plan 3 f0 l'élévation des Bains des Anciens. Dans le Plan 3 A 3 eft leBain des Hommes. B 3 eft celuy des Femmes. C C 3 font les Repofoirs. DT) 3 font le s Corridors. E 3efl la chambre des vafes. F 3 eft le vafe d'eau chaude. G 3 efl le vafe d'eau tiède. H 3 efl le vafed'eau froide. 11 3 cfll'accoudoir. K K 3 e ft le degré inférieur.
L Elevation reprefente le Bain des Hommes qui n eft en rien different de celuy des Femmes. Cettefigure fait voir que ce lieu qui eft un Bain public dans lequelplujteurs perfonnes fe baignent enfem-hle 3 ne reçoit du jour que par enhaut. Onyvoitun des Corridors avec la Balluftrale ou accou-doir qui eft fur le degré inférieur. Ilfautfuppofer qu'il doit y en avoir autant a l'oppofte.