LIVRE V. i 47
A Cube cft un corps compote de fix faces, lefquelles par leur égale 1 argeur font un quarré, Q RA p l& quancj le cube eft jette,, fi on n'y touche plus il demeure immobile fur le collé fur le-quel il s'cft arrefté , comme il arrive aux dez quand les joueurs les ont jettez. Et cettemanière d'expliquer leurs préceptes leur a plu , à caufe du rapport que la Habilité du Cu-be a naturellement, avec la durée deTimpremonque ce petit nombre de vers fait dans lamémoire.
Aufïi les Poètes Comiques Grecs, afin de donner lieu aux Acteurs de fe repofer aprèsde longs récits, partageoient leurs fables en plufieurs parties par le moyen des Chœurs
* ' qui faifoientle mefme effet que la figure Cubique.
C'eft pourquoy voyant que les Anciens ont obfervé toutes ces chofes pour s'accom-moder à l'infirmité de ia nature 3 & confiderant que ce que j'ayà écrire eft obfcur & in-
B connu à la plus grande partie du monde, j'ay jugé que pour eftre intelligible je devoisabréger mes Livres, & qu'il eftoit à propos de feparer les matières, &c amaifer tout ce quieft d'un mefme genre dans chaque volume, afin que l'on n'ait pas la peine de l'aller cher-cher en plufieurs endroits. Ayant donc traitté des Temples dans le troifiéme & quatriè-me Livre, j'explique dans celui-cy quelle doit eftre la difpofition des Edifices publics, &en premier lieu de quelle manière la Place publique doit eftre faite, afin que les Magi-ftrats y puiifent traiter commodément des affaires publiques & des particulières*
efté monftré au premier chapitre du troifiéme livre : car 6multiplié par luy-mefme fait le nombre quarté ;6, qui mul-tiplié par fon cofté 6 , fait le nomrre cubique u6.
3. Qll I FAISOlEMT LE M E S M E EFFET QJJ E
LA figure eu b iq^u e. C'eft-à dire que de mefme quela figure cubique eu caufe que les corps demeurent en repos,£ au contraire delà fpherique qui les difpofèau mouvement ;les Chœurs auffi dans les Comedies des Anciens donnoientoccafion aux acteurs de fe repofer après le travail d'un longrécit. Barbaro a cherché inutilement dans les nombres cu-biques une autre explication à ce texte, qui porte que lesAnciens diviferunt ff/atia fabularum in fartes cubica ratio-nc. Car les Comedies anciennes , de mefme que les noftreseftoient divifées en cinq actes ; & les feenes des actes n'a-voient point de nombre déterminé, & il auroit fallu queles actes ou les feenes cullent efté au nombre de huit, pourfaire que la proportion cubique fe rencontrait dans la divi-
fiondes parties qui compofoient la Comédie. On peut direnéanmoins que la penfée de Vitruve a quelque fondementfur le nombre des perfonnages des pieces Dramatiques quieftoit certain dans les Chœurs, ayant efté réduit par uneloy qui fut faite pour cela au nombre de vingt-quatre pourles Comedies ,8c à celuy de quinze pour les Tragedies -, àcaufe de la licence qu'ytlchy le fe donna d'introduire jufqu acinquante Comédiens dans un Chœur de fes Eumenides, cequi caufa un grand fcandale aux fpectateurs , au rapport dePollux. Or ces perfonnages dee Chœurs eftoient arrangezcomme en bataille , ayant des rangs qu'ils appelloienr Zy-çous , & des files qu'ils appelloientSricJxw.' : Ces files dansles Comedies eftoient de fix perfonnes, &: de cinq dansles Tragedies : les rangs dans les Comedies eftoient dequatre, & de trois dans les Tragedies : mais la difficulté eftque ny le nombre de 14 , ny celuy de 15 ne font point cubi-ques.