■■■
9$
V I T RU V E
Chap III manière : de forte que le Tailloir Cera s 7 quelquefois de la grandeur du Diamètre du bas de AColonne y ajouilant une neuvième partie : afin qu'une Colonne qui doit eftre d'autantmoins diminuée par en haut quelle eft plus haute, n'ait pas un chapiteau dont la failliefoit moindre que ne requiert la proportion de fa hauteur.
Pour ce qui eit de la manière de tracer les volutes & de les bien tourner comme il faut avecle compas, cela fe trouvera dans la figure & dans fon explication qui font à la fin du Livre.
Les Chapiteaux eftans faits & pofez fur l'extrémité du haut des Colonnes, * 8 avec les *Architraves non pas tout d'une venue, mais felon * ? une manière égale, afin que 60 la *fymmetrie des Architraves faiTe répondre les membres fuperieurs aux faillies que l'on adonnées aux piedeftaux, 6l la mefure des Architraves doit eftre telle, que fi la Colonne *eft du moins de douze à quinze pies, on donne à l'Architrave la hauteur du demy Diamè-tre du bas de la Colonne ; fi elle eft de quinze à vingt, on divife la hauteur de la Colonne gen treize parties, afin d'en donner une à l'Architrave : de mefme fi elle eft de vingt à vingt-cinq , cette hauteur foit divifée en douze parties & demie, afin que l'Architrave en ait une;& fi elle eft de vingt-cinq à trente elle foit divifée en douze , afin d'en donner une à l'Ar-
^m
tic de large plus que le Diamètre du bas de la colonne, fça-voir lorfque les colonnes font beaucoup au deflus de quinzepiez , il s'enfuit de là qu'on doit quelquefois changer lesproportions du chapiteau , & que de mefme que le taill
oir
proportions du chapiteau , se que
qui dans une colonne de quinze piez n'a qu'une dix-huitiéme partie d'ajouftée au Diamètre du bas de la colonne , endoit avoir quelquefois une neuvième , quand la colonne eftplus grande, & qu'elle eft moins diminuée par le haut, il fautauffi en ce cas augmenter les largeurs des autres parties.
Or ma penfée eft que la règle de cet clargifiement du cha-piteau Ionique doit eftre prife fur la largeur du haut de lacolonne , c'eft-à-dire que le chapiteau doit eftre plus largeaux grandes colonnes , à proportion qu'elles font plus lar-ges par en haut , lorfque leur grandeur demande qu'ellesayent moins de diminution.
A la vérité un précepte de cette importance auroit méritéque Vitruve l'euft expliqué un peu plus clairement : mais cetouvrage ne fournit que trop d'exemples de la negligenceque fon Auteur a eue* en de pareilles rencontres
____y a umple
era [fa columna e[tima,adje^âparte non*.y l'ay fait pour uneplus grande clarté, & parce qu'il eft vray que cette neuvièmepartie ne doit pas toujours eftre ajouftée -, puifqu'il a eftéditcy-devant que dans les colonnes de quinze piez il ne fautajoufter qu'une dix-huitiéme partie du Diamètre du bas de la
colonne.
58. Avec les Archit r aves. Cet endroit eftmani-feftement corrompu -, le texte acapitulis perfects deinde infunmis coîumnarurn Scapis non ad libellant fed ad ttqualemmodulnm collocatis : car la fuite du difeours fait aifémentcomprendre que ce qui eft dit des chapiteaux, fçavoir qu'ilsne doivent pas eftre tout d'une venue , fe doit entendre desArchitraves , & qu'après Scapis il faut ajoufter ces mots,cum Epiftjlitt , & pourfuivre «0» ad hbellam &c. ce quidonne un fens raifonnable, qui eft, que Vitruve veut que lesArchitraves foient interrompus & recoupez quand les piede-
M
ftaux le font en manière d'Efcabeaux, comme il a efté dit. li-fe voit pourtant peu d'exemples de ce recouppementdes Ar-chitraves, mefme quand les piedeftaux font interrompus , (ice n'eft quand les colonnes font feules & fort éloignées lesunes des autres comme aux Arcs de Triomphe, où un enta-blement cpntinu qui paiTeioit fur les arcades auroit mau-vaife grace, eftantmal fouftenu , & ayant une trop grandeportée.
59. Une m a ni ere e'gal E.J'interprere ainfi ^<e^#A-lem modidum ,. parce que le mot de module n'auroit rien figni- Qfié de convenable à la chofé dont il s'agit ; & il pourraitbien eftre qu'il y auroit faute, & qu'il faudroit lire ad aqua-lem modum,
60. La symmetrie des Architraves. Le motde Sjmmetria fignifie icy ce que Symmetrie fignifie en Fran-çois , fçavoir un rapport de parité, & non pas un rapport deproportion , ou de raifon : car le fens eft que les Architra-ves auront des faillies de mefme que tes piedeftaux, afin quela fymmetrie foit obfervée : car pour ce qui appartient à laproportion que les Architraves doivent avoir fuivant la dif-férente grandeur des colonnes, qui eft proprement ce qui eftfignifie par le mot Latin Symmetria, Vitruve l'explique icypar le mot ratio, en difant Epiflyliorum ratio fie ejt habenda.
Or cette proportion des Architraves, de la manière queVitruve la donne icy , qui eft de diminuer leur hauteur, &par confequent celle de tout le refte de l'entablement, à pre- r\portion que les colonnes font petites , cela ne fe trouvepoint avoir efté pratiqué dans les reftes que nous avons del'Antiquité, où quelquefois les petites colonnes ont leurentablement beaucoup plus grand à proportion, ainfi qu'ilfe voit au Pantheon où les colonnes du Portique qui fontquatre fois plus grandes que celles des Autels , ont l'enta-blement beaucoup plus petit à proportion.
61. La mesure desArchitrave s. Il n'eft pointparlé de la mefure des autres parties de l'entablement, parceque les Anciens les fupprimoient fouvent lorfqu'elles fontinutiles , comme dans les dedans où les corniches ne fontqu'ofFufquer la lumière & empefeher qu'on ne voye ce qui eft
EXPLICATION DE LA PLANCHE XXII.
Cette Figure fait'voir quelles font les proportions que Vitruve donne aux Architraves fuivant lesdifférentes grandeurs des colonnes. : Car les Architraves des colonnes de douTe a quiriZe pie% ont dehauteur la moitié du Diamètre du bas de la colonne ; en celles de quinze a vingt pie% ils font hauts dela treizième partie de la colonne ; celles de vingt a vingt-cinq font divifees en douZe parties ft) demy 3& la hauteur del 'Architrave efl d'une partie ; & enfin celles de vingt-cinq a trente pie^ ont leurarchitrave d'une douzième partie. On a fait dans la Figure toutes les colonnes d'une mefme hauteura ïévard les unes des autres, $ on a feulement obfervé les différentes proportions qui font entre la co-Unne & l'Architrave, ainfi qu'elle efl dans le texte 3 parce que l'on a eflimé que par cette manière onftroit mieux juger à I'ceil les différentes proportions par la comparaifon quilferoit plus aifé de faired'un Architrave aï autre t que d'un Architrave à fa colonne.
-
y