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Chap. III. autant d'entrecolonnemcns dans les coftez qu'il y en a au front, & qu'ainfi le baftimcnt Afoit une fois aufïi long qu'il eft large. Car ceux qui au lieu de doubler le nombre des entre-colonnemens , ont doublé celuy des Colonnes s femblent avoir manque en ce qu'il fetrouve dans les coftés un entrecolonnemcnt de plus qu'il ne faut pour cette proportion dela longueur à la largeur.
Les degrez doivent en la face de devant eftre ordonnez en forte qu'ils foient toujours■en nombre impair, afin qu'ayant mis le pie droit en montant fur le premier degré, il ar-rive qu'on le mette aufli le premier fur le haut des degrez pour entrer dans le Temple.8 L'épaifTeur des degrez à mon avis ne doit point eftre de plus de dix pouces, ny moindre *que de neuf, car cette hauteur rendra la montée facile. * Les palliers de repos ne doivent *eftre ny plus étroits que d'un pié & demy, ny plus larges que de deux, & fi on fait des de-grez tout-au-tour du Temple '° ils doivent avoir par tout la mefme largeur. B
Que fi on veut faire des trois coftez du Temple ' ' un Acoudoir, il faut qu'il foit ordonné
JtetraElionesgradnum.
fodhm.
de n'avoir pas cette proportion double arriveroit audi en•doublant dans les coftez le nombre des colonnes de la fa-ce , ainfi qu'il fe voit dans le Temple Syftylc marqué D D,qui eft plus long que large de deux Diamètres, & dans l'Eu-ftyle A A, qui eft trop long d'un Diamètre. Enforce que jecrois que la veritable raifon pour laquelle les Anciens ontchoifi le doublement des feuls entrecolonnemens cft pouréviter la trop grande longueur que leurs Temples auroienteue à proportion de leur largeur s'ils avoient aufîi doubléles colonnes : Et l'on peut mefme dire qu'une des perfe-ctions de l'Euftyle connue en ce qu'il eft moins long que lesautres à proportion de fa largeur, à caufe de l'élargiflemcntde fon entrecolonnement du milieu.
S. L'e'pa i s s e u r des degré z. Le dextans & le do~ârans que Vitruve donne à la hauteur des degrez fignifientles dix & les neuf pouces du pié Romain antique, cette hau-teur eft bien différente de celle que l'on donne à prefent auxmarches des efcalliers ; car les dix pouces du pié Romainantique faifoient neuf pouces & demy de noftre pié de Roy,& les neuf pouces un peu plus que nos huit. Il s'enfuit auftide là que les plus grands de leurs degrez n'avoient de gironguère plus d'un de nos piez , & que les petits n'avoient pasonze de nos pouces, fuivant la proportion que les Anciensdonnoient ordinairement à leurs degrez -, car ils leur don-noient de hauteur les trois quarts de leur largeur , ainfi queVitruve l'enfeigne au i.chap. du 9. Livre. De forte que ceuxqui font acLOuftumez à monter nos efcaliers , auroient dela peine à accorder à Vitruve ce qu'il dit icy , fçavoir qu'endonnant neuf pouces de hauteur a des degrez , on rend unefcalier facile à monter.
9. Les palliers de repos. J'ay traduit ainfi , re-traitions* graduum , quoyqu'il femble que ces mots de-vroient fignifier la largeur de la marche qu'on appelle Gi-ron , dont il auroit efté fort naturel déparier après avoir de-finy fon épaifleur. Mais lagrande largeur qui eft icydonnée à ces retraites*qui eft de vingt-deux pou-ces , ne fçauroit convenirà la largeur de la marchequ'on fçait eftre ordinai-rement bien plus étroiteà proportion de la hau-teur , aux baftimens desAnciens , que nous ne lafaifons aux noftres, ainfiqu'il fera dit cy-aprés auiecond chap, du 9. Livre,•*-
De forte qu'il faut entendre neceflairement que cette gran-deur de la retraite des degrez appartient aux palliers de reposque les Anciens faifoient lorfqu'il y avoit beaucoup de mar-ches : Car alors de fept en fept, ou de neuf en neuf, ils fai-foient des palliers de repos : Ce qu'ils obfervoient auffi auxdegrez des Theatres , où ils appelloient ces palliers pnein-ftiones, ainfi qu'il fera dit cy-aprés au chapitre troifiéme ducinquième Livre.
10. Ils doivent avoir par tout lamesmblargeur. Il y avoit deux manières de degrez pour monteraux Temples, les uns eftoient feulement en la face de devant
en manière de Perron ,& quelquefois les Stylobates qui éle- -,,voient les colonnes des trois autres coftez , s'allongeoient ^en devant 8c faifoient comme des ailes qui embrafloient lesmarches. L'autre manière de degrez eftoit également tout au-tour du Temple, & ce font ces degrez qui doivent avoir toutà l'entour une mefme largeur,c'eft-à-dire qui ne doivent pointêtre feparez & diftinguez par des palliers comme aux per,ronSjOÙ on faifoit de cinq en cinq,& de fept en fept des pal-liers de repos.
11. U n A c o u d o 1 r. La manière la plus ordinaire par-my les Anciens eftoit de placer les colonnes immédiate-ment fur la dernière marche. Quelquefois quand leurs co-lonnes eftoient trop courtes, ils les allongeoient en leur met-tant des Piedeftaux qu'ils joignoient l'un à l'autre par uneballuftrade , ou par un parapet qu'ils appelloient Podium.Palladio dit n'avoir jamais vu de Temple ancien où les Co-lonnes euflent de Podiwn que le Temple de Scifi. Ce Templen'a des Colonnes qu'au porche, & par confequent il n'en aque de trois coftez ; fçavoir à droit, à gauche & au devantdu porche. Il n'eft pas aifé de determiner fi c'eft de cette ma.niere-là que Vitruve entend T odium ex tribus latertbus,ce(t-à-dire,«» acoudoir aux trois coftez. du Temple , ou aux troiscoftez, d'un Ponhe.
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EXPLICATION DE LA PLANCHE XVIII.
Cette Planche reprefente les deux manières de Stylohates ou Piedeflaux.
La premiere Figure eft pour le Piedeftail continu, qui felon Vitruve repre fente un canal , la partieB eflant enfoncée comme entre deux bords élevez > qui font la bafe MMj&la Corniche L L. {
La féconde Figure reprefente l'autre efpece de Piede flail , qui eft interrompu par des retraites qu'ilfait au droit des entrecolonnemens } ce qui eft appelleparVitruve Scamilli impares.