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VITRUVE
Chae.II. par les Grecs Entafis j'en mets une figure à la fin de ce Livre, afin de donnera entendre la Améthode qu'il y a de le rendre comme il faut doux & imperceptible.
•d'un trait, & ce moyen eft à mon avis fi parfait que l'onpeut dire qu'il repare allez heureufement la perte que nousavons faite de|la figure que Vitruve avoit promife,pour ne lapoint tant regretter comme fait Villalpande , qui juge cetteperte tout-à-fait irreparable. Car il eft vray que les au-tres figures qui nous manquent auraient efté d'une utilitéfans comparaifon plus importante pour l'intelligence dutexte.
Or cette nouvelle manière eft de fe fervir de Lînftrumentque Nicomede a inventé pour tracer cette ligne qu'on ap-pelle la premiere Conchoide, dont la propriété eft qu'ellepeut eftre prolongée à l'infiny , fans qu'elle rencontre ja-mais fa pareille , quoyqu'elles foient courbes & inclinéesl'une vers l'autre. Cet inftrument eft compofé de deux rè-gles , dont l'une M N , dans la Planche XVII. eft jointe àl'autre O P à l'équerre. La regie O P a un pole Qj Ceftainfi que Nicomede appelle cette partie qui peut couler lelong de la règle , & qui peut eftre arreftée avec une vis R -,Et de plus ce pole a un pivot qui peut tourner > & qui eft per-<cé pour laifler pafler une tringle T V , qui pafle & coule auffiau travers d'une autre efpece de pole qui glifle dans une rai-nure qui eft le long de la règle M N , & dans laquelle il eftengagé par un tenon fait à queue d'arondc. Cette tringlepeut auffi eftre arreftée par une vis, & elle a à fon extrémitéT une pointe recourbée pour tracer la ligne qu'elle décriralorfque l'on fera couler le Pole S dans la rainure.
La manière de fe fervir de cet inftrument pour tracer la li-gne du renflement de la colonne , eft de pofer la règle M Nfur le long de la colonne , enforte que la rainure qui eft lelong de la règle réponde à la ligne XB,& que la petite rè-gle O P réponde auffi à la ligne F H G C , qui fepare letiers d'embas des deux d'enhaut : Enfuite faire couler la trin-gle T V dans les deux poles , jufqu'à ce que la pointe foitfur le point C, qui eft l'endroit où la colonne eft renflée, &l'arrefter là avec la vis , puis faire couler vers le haut lepole S , & remuer auffi le Pole Q^, & le placer où il faudrapour faire enforte que la pointe qui avoit efté addrelTéc furC fe trouve fut Y ; puis arrefter la tringle dans le pole parla vis R. Cela eftant en cet eftat , on fera couler le pole Sde haut en bas le long de la rainure de la règle M N, & lapointe décrira les deux rétrecilîemens tant du tiers d'embasque des deux tiers d'enhaut.
Au fujet de cet infttument de Nicomede, j'ay crû qu'il neferoit pas hors de propos de mettre icy la defeription d'unautre inftrument que j'ay inventé, pour tracer d'un trait
Chap. III.
continu l'Arc d'un très-grand cercle, par exemple de trentetoifes de Diamètre, avec un compas de quinze pouces ; par-ce que cela peut eftre de quelque ufage dans l'Architecture.La Machine confifteen trois pieces qui font deux roues tra-verfées paruneffieu qui eft attaché à l'une des roues, Sedanslequel l'autre roué peut couler en s'approchant, &en fe recu-lant de celle qui eft attachée au bout de l'axe. Ces roues fontde grandeur différente , celle qui eft attachée à Peffieu eftantquelque peu plus grande que l'autre. Pour décrire des por-tions de cercle on éloigne les roues l'une de l'autre, & en ap-puyant fur l'axe entre les deux roues, on fait rouler la Ma-chine fur un plan égal, fur lequel les roues peuvent marquercomme leurs -ormieres : car à proportion que les roués lont „éloignées l'une de l'autre, les cercles qu'elles décrivent font ®plus grands, ce qui fe voit clairementdans l'explication de laIV. Figure de la Planche XVH. J'appelle cette Machine petitCompas pour les grands cercles , la mefme operation fe faitpar une autre Machine qui eft un triangle dont on fait coulerles coftez fur les deux pointes qui font les extremitez de laligne que l'on veut avoir, & laquelle fe décrit par la pointede l'angle produit par les lignes des deux coftez ; de manièrequ'à proportion que l'angle eft plus obtus il décrit la portiond'un plus grand cercle. J'ay crû néanmoins que ma Machineoutre fa nouveauté pouvoit avoir encore cela de recom-mandable qu'elle fait voir plus precifément la grandeur ducercle dont elle décrit la portion ; parce que les mefures yfont marquées par des intervalles égaux ; ce qui n'eft pasdans l'autre, ou les mefures qui font marquées pour tracerles petits cercles font grandes , & vont toujours en dimi- ^nuant à mefure que les cercles doivent eftre grands. ^
i6. Au milieu des Colonnes. Le milieu ne doitpas eftre entendu comme eftant également diftant des extre-mitez, mais feulement comme leur eftant {implement oppofé,Se en ce fens, ce qui n'eft point extrémité, peut eftre appelle lemilieu: car après avoir parlé de la diminution qui fe fait versles extremitez, la fuite du difeours fait entendre lorfqu'il eftparlé du renflement qui fe fait au milieu, que le milieu com-prend tout l'efpace qui eft entre les extremitez. La pratiqueordinaire fondée fur les obfervations des ouvrages antiques,eft de faire ce renflement au droit du tiers de la Colonne versle bas -, Leon Raptifte Alberti le met plus haut : car ayantdivifé la Colonne en fept , il met le renflement à la troifié-me partie, laiffant les quatre qui reftent au deflus -, enforteque le renflement eft fort proche du milieu, fuivant le textede Vitruve pris à la lettre. -r\
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CHAPITRE III.
Des Fondemens qui fe font en des terres fermes 3 ou en des terres rapportées,des Colonnes » I des Architraves i$ des autres ornemens.
L faut que les Fondemens foient creufez dans le fonde, ou jufqu'au folide autant qu«la grandeur de l'Edifice le requiert. Ils doivent eftre baftis avec toute la folidité pof-fible, fur le fond de la trenchéequi a efté faite. Lorfqu ils feront élevez hors de terre , onconftruira la muraille qui doit porter les Colonnes, avec une largeur qui furpàlfe de lamoitié celle des Colonnes qui doivent eftre pofeesdeffus 3 afin que cette partie baffe quis'appelle 2 Stereobate à caufe qu'elle porte le faix, foit plus forte que le haut , & que la fail- E
i. Des Architraves et des autrhs orn emens. dû mettre au titre de ce chapitre , mais au titre de celuy
J'ay crû ne devoir pas faire difficulté de corriger une tranf- dans lequel il eft parlé du chapiteau Corinthien, qui eft ce-
{>ofition qui eft dans le titre de ce chapitre , laquelle luy ofte luy qui a tout ce qui peut rendre les Colonnes plus riches
e fens qu'il doit avoir. Ce qui pourrait faire quelque diffi- & plu? ornées.
culte feroit de fçavoir fi j'ay dû traduire ornatus column arum i. Stereobate. Ce mot Grec lignifie toute forte de
comme s'il y avoit ornament* ; la raifon qui me l'a fait faire ftruéture folide qui eft faite pour fouftenir une autre partie
eft que Vitruve, ny les autres Architectes qui ont écrit en de l'Edifice moins maffive. Alberti l'appelle yirula & Pul-
Latin, n'ont jamais parlé de ornatu columnarum , & que or- vinus , fon Interprète Italien l'explique par Zocolo , qui fi-
namenta eft par tout en ufage pour fignifier l'Architrave t la gnifie une fandale. Philander & Barbara confondent Stereo-
Frife & la Corniche qui font fur les Colonnes. Joint auffi bate avec Stylobate , qui eft un Piedeftail continu pour foû-
que quand mefme ornatus pourroit fignifier ce qui rend les tenir plufieurs Colonnes. Ils les diftincnient néanmoins en
Colonnes plus riches & plus ornées , Vitruve ne l'aurait pas quelque façon , & font Stereobate comme le «renre nui
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