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Les dix livres d'architecture de Vitruve
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i L I V R E I I. 49

A Néanmoins fi l'on veut de ces murailles pour avoir pluftoft fait & pour l'épargne } ou Cha» VÎÎL

* parce que 1 " la place eft embarrafTée \ voicy comme on les peut faire. Il faut les affeoir fur

* I7 un empâtement un peu élevé fur terre, afin qu'ils ne touchent point aux pierrailles, nyau pavé : car s'ils y font engagez ils fe pourriflent, & en s'affaiilant ils rompent & gaftenttoute la beauté des enduits du mur.

Voila ce que j'avois à dire de la conftru&ion des murailles, de leurs matériaux en ge-*neral de leurs bonnes & de leurs mauvaifes qualitez : j'ay traité cette matière le mieuxqu'il m'a efté poffible. Il me refte a parler des planchers, de quels matériaux ils doiventeftre faits & comme il les faut choîfir, afin qu'ils faiîent un ouvrage qui foit durable,autant qu'on en peut juger par la connonfance qu'on a de leur nature.

B fois laliberté de propofer quelques changerons au texted'un fimatur altt , fignifie que le fondement doit eftre profond »

Auteur qui a efté fi mal traité par les Copiftes

i<5. La place est embarr asse'e. Le texte a im~pendentis loci deceptio covit. Je lis impeditt loci interceptio :parce que la mefmechofe a déjà efté exprimé un peu devanten autres termes -, car il eft dit que les murs de cloifonnage,dont il s'agit , font commodes, parce qu'ils font bien-toftfaits , & qu'ils tiennent fi peu de place qu'ils n'embarallëntpoint. Celeritate O" loci laxamtnto profunt.

17. Un empâtement un peu e'leve' sur terre.Il femble que le texte ne dife pas cela , Se c\uefolum fub-

mais la fuite du difeours fait voir clairement que Vitruve n'apas voulu dire autre chofe : car la profondeur d un fonde-ment ne fait rien pour empefeher qu'un mur de cloifonnagene fe pourriffe -, mais c'eft l'empâtement de maçonnerie qui lepeut empefeher ; joint que l'on peut dire en quelque façonque les petits murs de maçonnerie que l'on fait au bas desmurs de cloifonnage , font comme la partie fuperieure dufondement qui fera hors de terre; & que folum fubjtruatur aefté mis au lieu de folo fitbjïruatur , c'eft-à-dire/»/>ra Çolurn,

CHAPITRE

I X.

Chap. IX*

<De ce au il faut obferver en coupant le bois pour baftir, t$ des particularités

de quelques arbres.

C

L

E temps propre à couper le bois pour baftir eft depuis le commencement de l'Au-tomne, jufqu'au Printemps, avant que le Vent Favonius commence à fouiner : car auPrintemps la'tige de tous les arbres eft comme enceinte des feuilles & des fruits qui fontencrendrez tous les ans , en quo y les arbres employ ent toute la vertu de leur fubftance:

* * & l'humidité dont la difpofiaondu temps les emplit neceffairement, ? les rend en lesraréfiant, beaucoup plus foibles, ainfique les femmes qui pendant leur groiTefTe ne font

* pas réputées eftre en une entière ik parfaite fanté ; * ce qui fait qu'on ne garentit point

Le temps fropre. Les precautions que les anciens

vices des bois doivent eftre attribuez : car il eft vray que leT_) bois fe déjette Se fe tourmente lorfque cette humidité s'éva-pore inégalement ; Se qu'il s'emplit de vers, qu'il s'échauffeSe fe peurrit lors qu'elle fe corrompt : La raifon de cela eftque cette humidité eft de deux fortes -, l'une eft aqueufe quis'évapore anez-to(l,rautre eft plus huileufe,qui eft plus fujet-te à fe corrompreil'unecV l'autre eft la matière delà nourritu-re & de l'accroiflèment des arbres,& de la production de leurs

fruits Se de leurs femences. Ces humeurs que les arbres re- tombées. Theophrafte veut qu'on "coupe le Sapin , le Pin&çoivent journellement de la terre & du Ciel font différentes le Picea lors qu'ils ont poulie leurs premiers jettons & lede celles qu'ils ont dés leur naiffânee, qui eft la principale & la Tilleu , l'Erable , l'Orme Se le Frefne aptes les vendantes

ou diminué' felon que la Lune croift ou decroift : De fortequ'on eftime qu'il eft meilleur de couper les arbres en de*cours , à caufe qu'ils ont moins d'humidité : & Columelleavertit que ce doit eftre pendant les dix derniers jours de laLune. Vegece au contraire eftime que le meilleur temps eftun peu après la pleine Lune. A ces obfervations générales onen ajoufte de plus particulières qui font prifes du naturel dedifférents arbres. M. Cato veut qu'on coupe les chefnes enEfté ; que les arbres qui ne portent point de fruit peuventeftre coupez en tout temps , & ceux qui en portent, feule-ment lors que leurs fruits font meurs -, que les Ormes nedoivent point eftre abbatus que quand leurs feuilles font,

plus noble partie de leur fubftance, laquelle n eft point fu-jette à fe corrompre, Se ne s'évapore que difficilement : Deforte qu'en general toute forte de bois eft d'autant meiheurqu il a moins de cette humidité crue & fuperfiué' ; Ce qui ar-rive aux arbres en certains temps de l'année , dans lefquelscette humidité eft comme épuifée, fçavoir lorfque ce qu'ilsE en avoient amafle au Printemps, en recevant dans leurs ra-cines les vapeurs qui s'élèvent en ce temps- de la terreavec abondance , & qui s'y introduifent avec force, a elleconfumé Se employé en feuilles , en fruits Se en femenceslorfque la terre defféchée par les chaleurs de 1 Efté , eftmoins capable de fournir cette humidité -, & lorfque les fi-bres des arbres reffèrrées par le froid font moins difpofees ala recevoir. C'eft pourqnoy le premier temps propre à cou-per le bois a baftir, eft lorfque les feuilles en tombant des ar-bres font voir que l'humidité qui les nournfloit commence amanquer Se ce temps commode dure jufqu'au Printemps.Mais outre cette obfervation générale de la faifon de l'an-

2. L'humidité' selon la disposition dutemts les emplit n e ce s s a i re me n t. j'interprèteainfi, Cumhumidâ. temporum necefsitatsfuerint. C'eft-à-direque la difpofition du temps eftant telle au Printemps que lesvapeurs de l'humidité qui a efté retenue & digérée dans laterre pendant l'Hy ver , eftant contraintes par la chaleur Stpar la fermentation qui les fait gonfler , de chercher quel-ques iflucs, elles entrent neceffai rement dans les pores desracines que la mefme chaleur dilate , d' vient que toutesles plantes pouffent au Printemps, ainfiqu'il a efté expliqué.

3. Les rend en les raréfiant beaucoup plusfoible s. Vitruve montre la vérité de cette propofition dansle chapitre fuivant, par la comparaifon qu'il y fait des arbresqui croiffent au deçà du Mont Apennin, avec ceux qui fontau delà -, parce que ceux-cy, qui eftant expofez au Midy fontnourris d'un fuc plus cuit Se moins abondant, ont leurs fibresplus ferrées ; Se les autres qui ont reçu beaucoup d'humiditéentre leurs fibres,demeurent raieriez lorfque cette humidités'eft évaporée ; Se c'eft cette rareté par laquelle les fibres font

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«{r ,1 v en a une autre du temps ce la Lune , qu'on tient sdt évaporée ;« c eu cette rarcic v *i i m-u C ^ . .««,Mffi'eto r^SportanJ, Se qui eft fondée fur la écartées, qui fan que ces bois font plus foibles que les autres

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