Cha.VIII.
Ou on ne vapoint.
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4§ V I T R U V E
vires des Rhodicns fur lefquels elle avoir mis de fes foldars & de Tes matelors, alla droit à Al'Ifle de Rhodes Les habitans voyant venir leurs vaifleaux couronnez de laurier, receu-rentleurs ennemis, croyant que c'eftoient leurs gens qui revenoient victorieux. AlorsArtemife après avoir pris Rhodes & tué tous les principaux de cette Hic, éleva un trophéedans la Ville avec deux ftatuës de bronze dont lune reprefentoit la Ville de Rhodes, l'au-tre cftoit fon mwe qui imprimoit fur le front de celle qui reprefentoit la Ville, les Alg-inates qui marquant la fervitude. Long-temps après les Rhodiens faifant fcmpule d'a-battre ces ftatuës parce qu'il n'eft pas permis d'ofter les trophées qui ont efte dédiez enquelque lieu, s'aviferent pour en ofter la vue de baftir tout autour un Edifice fort eleve ala mode des Grecs, qu'ils appellerait^*»».
Puifqu'il eft vray que des Rois fi puiitans n'ont point meprile les batimens de Brique,eux qui de l'argent qu'ils levoient dans leurs Eftats & des dépouilles des ennemis pouvoient Bfaire les dépenîes necefTaires pour baftir avec du moilon, des pierres de taille & mefme dumarbre je ne penfe pas qu'on doive rejetter la Maçonnerie de Brique, pourveu qu'onprenne foin de la faire comme il faut. Il eft bien vray qu'elle n'eft pas permife dans la Villede Rome mais en voicy la raifon. Les loix défendent de donner aux Murs metoyens plusd'un pied & demy d'épaiffeur, & pour gagner la place on ne veut pas que les autres Mursfoient plus épais. Cependant comme les Murs de Brique qui ne valent rien à moins qued'avoir deux ou trois rangs, fi on ne les faifoit que d'un pied & demy de large, ils ne pour-raient foûtenir qu'un étage, ce qui feroit fort mal dans une Ville qui a neceflairement be-foin pour loo er le nombre infiny de fes habitans, que la hauteur des Edifices recompenfele défaut de h place ; & ainfi il faut qu'il y ait des chaiines de pierre qui fortifient les Mursbaftis avec des tuileaux, ou du Moilon, & qui les rendent capables eftant liez par les Soli- Cves des planchers de s'élever aiîez haut pour la commodité du logement &pourl'égaye-ment de la veuë. De plus la multiplication des étages & des Balcons qu'on y peut faire,rend les Habitations de Rome fort belles fans occuper beaucoup de place. Voila pourquoyla M ïçonnerie de Crique n'eft point en ufage dans Rome à caufe du manque de place,maisfi on en veut hors la Ville qui dure long-temps, il la faudra faire en cette manière
Sur le haut des Murailles au defious du toid il faut faire un maflif bâti avec des tuile*de la hauteur d'environ un pied & demy qui déborde en manière de Corniche, car par cemoyen on pourvoira à ce qui peut gafter ces Murailles, qui eft que quand une tuile de l'en-tablement eft caflec, ou emportée par le vent, la pluie ne manque point a couler par là furla muraille, mais ce maflif de tuiles empefehera que les Briques ne foient endommagées,parce que la faillie de la Corniche rejettera l'eau & la faifant diftiller par delà le nu du mur, Dne fouffrira pas qu'elle gafte la Maçonnerie.
A l'égard des tuiles il eft difficile de juger h elles font bonnes ou mauvailes qu'aprèsavoir éprouvé fi elles refiftent & demeurent fermes nonobftant la chaleur de l'Efté & tou-tes les injures du temps. Car fi elles n'ont pas efté faites de bonne terre & qu'elles foient.mal cuites la crelée & les pluyes feront bientoft connoiftre qu'elles ne valent rien : & lestuiles qui ne peuvent fervir long-temps fur les toids fans fe gafter, ne font pas propres àfaire de la Maçonnerie. C'eft pourquoy il faut choifir les tuiles •* qui ont long-temps fervi *fur les toids pour faire de la Maçonnerie qui puifTe durer long-temps.
Pour ce qui eft des Murailles qui font faites de bois entrelacé il feroit à fouhaiter qu'onn'y eût jamais penfé : car fi elles ont quelque commodité à raifon du peu de temps & dupeu de place qu'il faut pour les baftir, elles font fi dangereufes à caufe du feu, pour le- Equel il femble qu'elles font des fagots tout préparez, qu'il vaut beaucoup mieux faire ladépenfe des murailles de tuiles maçonnées , que de s'expofer au danger qu'il y a à cel-les de bois entrelacé pour la feule facilité de leur conftrudion. De plus celles mefmesqui font couvertes d'enduit, fe fendent neceffairement le long des montans & des travers;carlorfqu'on les couvre de mortier, le bois s'enfle d'abord par l'humidité, & enfuite fefechant, il fe retreftit, ce qui fait caller l'enduit.
ic. Qui ont long-temps sfhvt sur. les avoit un folecifme , prenant teUi pour un pluriel ; & il a
t oi c t s. Il y a dans le texte ex veteribtts tegulis tetlt, ftru- mis ex veteribm tegulis tettafiruEla, ce qui donne des fens
Ui variétés Le Copifte qui a écrit un ancien manuferit fur le- tout-à-fait differens au texte. Je fay cette remarque pour fai-
quel a été corrigé un exemplaire que j'ay , a crû qu'il y re voir que ce n'eft pas fans raifon qu'on fe donne quelque-
Neanmoins