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CfcÀ.VHI. meilleure quoyqu' elle ne faite pas un beau parement. * En l'une & l'autre manière il Afaut que les Murailles foient bafties de petites pieces , afin que le mortier de Chaux & deSable penetrant les pierres en plus d'endroits les retienne mieux : car les pierres eftant d'unefubftancc rare & molle, boivent ic confument l'humidité du mortier. Il eft donc à fouhai-ter qu'il y ait beaucoup de Chaux & de Sable afin que l'humidité eftant plus abondante, laforce de la Muraille en loit moins aifément difïipée ; car fi les pierres tirent toute l'humi-dité par leurs porcs, elles ne pourront plus eftre attachées enfemble par le moyen du mor-
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tendent , c'eft à dire en laquelle les pierres ne font pointarangées fuivant un certain ordre , mais miles feulement àl'aventure comme elles viennent, n'eft point delà premieremanière de baftir dont il s'agit, mais de la dernière appelleeEmpletfon, où les pierres font mifes utifunt nau : c'eft pour-quoy je lis infenum avec un f, qui eft à dire liée Se entrela-cée : car c'eft ce que la definition que Vitruve donne du mot,explique clairement, puifqu'il cft dit que les pierres font pla-cées les unes fur les autres en manière de tuiles, dont on fçaitque ladifpofition eft telle, que le joint montant de deux tui-les refpond au milieu d'une autre. Car il eft vray que dans lamanière de baftir qui eft en liaifon de mefme qu'aux tuiles,lejoint montant A C des deux moilons B B, répond au milieu«lu Moilon A ; & ainfi chaque Moilon ou C amentum commeceluy qui eft marqué A , eït infenum , c'eft-à-dire engagé Secomme fiché entre les Moilons B B Se D D ; Se de plus cetteftrudture ne peut eftre appellee incertaine', c'eft-à-dire inégale& fortuite.parce qu'elle n'eft pas moins réglée Se moins égaleque la maillée, puifque tous les joints fe rapportent par unordre égal de deux en deux affiles les unes aux autres. Il cftfeulement vray, ainfi que Vitruve remarque, qu'elle eft moinsbelle à voir que la maillée , à caufe de l'inégalité des d'euxefpeces de joints , dont l'un, fçavoir le Montant eft inter-rompu : au lieu que ceux de la maillée montent tous oblique-ment Se d'une mefme façon.
4. En l'une et en l'autre manière il fautque les Murailles soient basties de petitespieces. Cecy eft répété au 4. chap, du 4. liv. Se la maximecft vraye quand la folidité oc la fermeté de la ftrudture doitdépendre de la liaifon que les pierres ont avec le mortier, &non pas quand elle confute dans la figure Se dans la coupedes pierres qui font taillées fi jufte que leur fituation feule Seleur poids eft fuffifant pour donner à l'ouvrage tonte la fer-meté poffible : car en ce cas le mortier fert pluftoft pour em-pefcher en preftant Se obeiiïant que la dureté Se la fierté des
Îgrandes pierres ne fallè rompre les carnes des joints,que poures coller les unes aux autres, ce que la manière de joindreles pierres par le moyen des lames de plomb qu'on met entredeux , fait voir alfez clairement. Il y a mefme des ftru&uresfort anciennes dans lefquelles de très-grandes pierres ont
efté po-fées im-média-tementles unesfur lesautresfans
mortierni fansplomb,dont lesjointsn'ontpoint
éclaté, mais font demeurez prefqu'invifibles par la-* jonction des pierres qui ont cfté taillées fi jufte,qu'elles fe touchent en un aflez grand nombre de-t parties pour avoir empelché que rien n'eelataft ,ainfi qu'il arrive lorfque les pierres font c'çmai- t»gries, c'eft-à-dire plus creufes au milieu que vers~* les extrémités ainfi que l'on a de coutume de le pra-tiquer , afin de pouvoir rendre les joints fort fer-rés : parce que les pierres venant à s'approcher 8cfe joindre lorfque le mortier qui eft dans le démai-griilcment commence àfe fecher, Se ne portant quefur l'extrémité du joint -, ce joint n'eft pas allez fortpour foûtenirle faix,& ne manque jamais à s'éclater. Les En-trepreneurs qui travaillent au Louvre ont trouvé depuis peuun expedient,pour empefeher ce mauvais efret,qui eft de po-fer à l'abord les pierres immédiatement les unes fur les au- ,très, Se après avoir empli les démaigriflèmens avec du mor-tier que l'on coule par des abreuvoirs raillez dans les jointsmontanSjlorfque le mortier eft feché, on élargir les joints deslits aux paremens avec une feie qui fait une feparation entreles pierres , & on a foin de temps en temps de palier la feie ^>dans cette feparation, pour empefeher que l'ouvrage en s'af.failfant ne falfe eclatter les joints,que l'on emplit de mortierfin Se délié, lorfque l'Edifice a pris fou faix. Mais la véritéeft que la ftrudture eft meilleure lorfque les joints des pierresfont égaux, parce que ces démaigriflèmens afTbibliflcnr beau-coup un mur en le privant de la partie la plus confiderable qu ilait pour être afTermy,fçd.voir celle qui eft la plus proche duparemenr,& qui demeure inutile,parce que le mortier fin quel'on met dans le joint ne doit eftre compté pour rien : Se onpeut dire que le mur eft moins épais dedeux pouces de chaquecofté,& que ces deux pouces que la pierre a ,au lieu de porterle mur luy font à charge. A A , font les démaigriflèmens.B B , les joints des lits. C C, les joints montans. D D, lesabreuvoirs.
A l'Arc de Triomphe qui fe baftit hors la porte SaintAntoine on pratique cette manière de ftrudture , dont j'aydit que les anciens fe fervoient, qui eft de pofer les pierres Dà fee & fans mortier : & c'eft une chofe curieufe à feavoirque les foins que l'on prend pour tailler , polir & pofer cespierres qui font très-dures, 6c qui ayant dix à douze pieds delong fur trois à quatre de large, Se deux d'épaifeur , ont unepefanteur qui les rend tres-difhciles à remuer. Cependantelles font maniées par le moyen d'une machine fort commo-de Se fort fimple, de la mefme manière qu'on manieroit unepierre de fix à fept pouces : or la facilité de ce manimenteft neceflàire , parce que pour faire que les joints foientalfez droits , afin que les pierres fe touchant également partoutes leurs parties, leur grande longueur ne les mette pas endanger d'eftre calfées par l'énorme pefanteur de l'Edifice ;l'on n'a point trouvé d'expédient plus feur que de les frot-er l'une contre l'autre, jettant de l'eau entre deux. Et c'eft
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rue chofe remarquable que ces pierres , quoy que tres-cures, j;font dreflees & polies prefque en un moment, à caufe de laforce extraordinaire avec laquelle leur pefanteur fait qu ellesfont frottées • cette force eftant telle , qu'il ne faut pas ladixième partie du temps pour les polir , qu'il faudroit pouren polir de petites.
L'avantage de cette ftrudture eft , ainfi qu'il a efte dit,la durée Se la beauté -, car il eft certain que les Edifices ba-ttis de grandes pierresperilfent à caufe du mortier, qui tafle,& s'afraife en un endroit plus qu'en l'autre , qui produitdes plantes & fe change en terre ; ce qui fait que les mursfortent de leur à plomb, Se tombent bien-toften ruine. Etc'eft auffi une grande beauté à un baftiment que de paroiftren'eftre fait que d'une pierre , les joints eftant impercepti-bles ainfi qu'ils font non feulement à caufe de leur petiteûe,
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