LIVRE Iî.
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* A Fidenates & Albanes : d'autres font médiocrement dures comme 1 celles de Tivoli , celles Chap. Vit.d'Amiterne & les Sora6tmes : d'autres font dures comme du caillou, il y en a encore depluiieurs autres efpeces, comme font le Tuf rouge & le noir dans la Terre de Labour, & leblanc dans l'Umbrie, dans le Picentin & proche de Venife _, qui fe coupe avec la feie com-me le bois. Les Pierres qui ne lont pas dures ont cela de commode qu'elles le taillent aifé-ment, & rendent alïes bon lervice quand elles font employées en des lieux couverts : maisiî elles font dehors, la gelée & les pluyes les font aller en pouiîiere ■> & fi elles font en desbaftimens proche de la mer, la falure les ronge 9 & le grand chaud mefme les galle,Celles de Tivoli reliftent bien à la charge & aux injures de l'air , mais non pas au feu qui
* pour peu qu'il les touche les fait éclater ' à caufe qu'il y a peu d'humidité & de terreftreavec beaucoup d'air & de feu dans leur compoiition naturelle. Car le peu d'humeur
B & de terreftre qu'elles ont ne peut empefeher que la force du feu & de la vapeur nepénètre dans leurs poroiitez , où ne trouvant rien qui luy foit contraire 3 il s'allume i
fort facilement. >
Il y a d'autres Carrières dans le territoire des Tarquiniens qu'on appelle Anitiennes oùon prend des pierres qui font de mefme couleur que celles d'Albe, dont il fe fait un grand !
amas auprès du Lac de Balfene & dans le gouvernement Statonique : elles ont pluiieursbonnes qualitez , comme de refifter à la gelée & au feu > à caufe de leur compofition qui eftde peu d'air & de feu, de beaucoup de terreftre & d'humidité mediocre , qui les affermit Seempefche que le temps ne leur puilTe nuire ; ainfi qu'il fe voit aux ouvrages qui en ont eftéfaits autrefois 6c qui reftent encore auprès de la Ville de Ferente : car on voit là de grandes
* ftatuës fort belles Se + de petits bas-reliefs & pluiieurs ornemens délicats de rofes & deC feiiilles d'Acanthe s qui nonobftant leur vieillelle, femblent ne venir que d'eftre faits. Ces
* pierres ont encore un excellent ufage pour les 5 Fondeurs en bronze qui les trouvent fortpropres à faire leurs moules : enforte que il ces Carrières cftoientplus proches de Rome, onn'employeroit point d'autres pierres pour tous les ouvrages. Mais parce que les Carrièresde pierres rougeaftres & celles de Palîiene font fort proches de la Ville, & qu il eft fort aiféd'avoir de leurs pierres, on eft contraint de s'en fervir en apportant certaines precautionsafin qu'elles foient moins iujettesàfe gafter. Ces precautions font de les tirer de la Car-rière en Efté & non pas en Hyver, & de les expofer à l'air en un lieu découvert deux ansavant que de les mettre en œuvre, afin que celles que le mauvais temps aura endommagéesfoient jettées dans les fondemens, & que les autres qui après avoir efté éprouvées pa£
grands Murs ex ruhro faxo quadrato. J. Martin a traduit cir- font déjà en quelque forte de leur nature.T\ ca Frbem ru rœ, auprîs de la ville de Rubra. Les Traducteurs 4. Di petits bas-reliefs. J'ay crû que minora p.Italiens mettent, intorno à Rom.x le Rojje, & tous Roffe avec gilLz devoit lignifier icy de petits bas-reliefs & non pas depe-une grande R, qui femble fignifier plûtoft le nom du lieu d'où tites figures : parce qu'outre qu'il eftoit inutile d'ajouter àla pierre eft tirée que fa couleur -, principalement parce que figillt qui fignifie de petites figures, le mot de minora quiles autres pierres, dont il eft parlé enfuite, font dénommées fignifie petites , on peut dire avec raifon qu'un cachet, dontdes lieux où font leurs carrières, fçavoir les Pallienfes , les l'empreinte n'eft autre chofe que ce qu'on appelle Bas-reliefFidcnates & les Albanes. Dans cette incertitude je me fuis eft a\>pd\è fîçi/ium, non feulement parce que les figures quefèrvy du mot de Rouges, parce qu il eft indifferent , & peut l'on y grave font ordinairement petites ; mais auffi parce quefignifier & la couleur des pierres , & le lieu d'où on les tire : les figures des cachets, de mefme que celles de tous les Bas-car il y a pluiieurs lieux de ce nom comme rubra fax a dans la reliefs font plattes & peu relevées, ce que ce diminutif deTofcane , & le village Rubra dans Fine de Corfe. figillum femble fignifier.
2. Celles deTivoli. Cette pierre eft la plus belle 5. Pour les Fondeurs. Les Fondeurs en bronze ontqui s'employe à Rome , elle conferve long-temps fa blan- trouvé icy depuis peu le moyen de fondre d;s Statues à peucheur , Se quoique fpongieufe elle prend un poli qui la fait de frais , faifant les Moules avec du plaftre méfié avec unerellèmbler de loin à du Marbre, parce que les rrous qu'elle a certaine terre qui fe trouve prés de Paris , laquelle n'empef-font petits. Vafari dans fon traité d'Archite&ure parle che point le plaftre de fe prendre, &l'empefche d'eftre biuflé
■p des beaux ouvrages qui en font faits à Rome dans l'Eglife de par l'excez de la chaleur que doivent fouftenir les Moules où
S.Louis par des^ouvriers François qu'il loue beaucoup , fur l'on fond la bronze. Par le moyen de ce fecret on épargne
tout un Sculpteur nommé M.Jean. Cet endroit eft remar- beaucoup de temps 8c de peines qu'il faut employer dans la
quable n'y ayant rien de plus rare que des Italiens qui louent manière ordinaire de faire ces Moules, pour lefquels il eft ne-
les François de reiiffir dans les beaux Arcs. celfaire de faire la Statue' de cire, & pour y appliquer la terre
3. A cause qu'il y a peu d'h u m 1 d 1 t e'. Le défaut qui doit faire le Moule , il la faut mettre avec des pinceauxqu'ont ces pierres d'eftre fujettes à s'éclatter au feu, ne peut par plufieurs couches qu'il faut laiffer fecher à loiiir les unescftre attribué à leur compofition aérienne & ignée : car cela après les autres ; & enfuite la cire doit eftre fondue : car fansne les pourroit rendre capables que de brûler,qui eft une cho- avoir la peine de faire la Statué de cire, laquelle doit aupa-febien différente d éclatter,& qui n'arrive d'ordinaire qu'aux ravant eftre faite de terre -, on n'a befoin que de la figure depierres qui font par écailles , à caufe que les différents lits terre, fur laquelle lorfqu'elle eft encore toute molle, on jettequi font ces écailles, font feparés par une matière moins fe- le plaftre, qui eftant pris & durcy en peu de temps, on le fe-che que le refte ; ce qui fait que lorfque cette matière vient pare en plufieurs morceaux defquels on tire aifément laà eftre raréfiée par le feu , elle pouffe ces écailles dures &c Co- terre molle, & on le rejoint enfuite avec beaucoup de faci-lities qui l'enferment, & achevé de feparer des parties qui le lité.