Druckschrift 
Les dix livres d'architecture de Vitruve
Entstehung
Seite
32
Einzelbild herunterladen
 

mm

iw

31

V Ï T R U V E

Ch ap. I.

I

pour parvenir à la connoiiTance des autres arts , & paffer ci une vie fauvage à la politeffe & à Ala civilité dont la nature humaine eft capable. C eft ce qui a fait que relevant leur courage& portant plus avant les belles penfées que la variété des fciences leur peut fournir, ils ontconçeu quelque chofc au deffus de ces petites cabanes dont ils s'eftoient premièrementfervis, & qu'ils ont commencé à élever fur des fondemens fondes, des murailles de pierre& de brique ; & les couvrant de bois & de tuile , ils ont exécuté quelque chofe de plus ac-comply, que ce qu'ils avoient fait jufqu'alors. Enfuite leurs reflexions fur les obfervationsqu'ils avoient faites, & qui les laiffoient irrefolus au commencement, les conduifirent à lafin à la connoiiTance des règles certaines de la Proportion. Mais après avoir remarqué quela nature leur fournifloit toutes fortes de matériaux pour les Edifices , ils ont tellementcultivé par la pratique cet art de baftir, qu'ils l'ont porté à une haute perfection, avec le Bfecours des autres arts, ajoutant à la necefllté les ornemens & la politefle pour les délices

delà vie.

J'expliqueray ces chofes le mieux qu'il me fera poffible, rapportant tout ce qui fe peutdire des proprietez, commoditez & uf ages des Edifices.

Si quelqu'un cependant n'approuve pas le rang que j'ay donné à ce livre, eftimant qu'ildevoit élire le premier, je répons qu'ayant formé le deffein d'écrire de toute l'Archite-cture, j'ay crû devoir parler premièrement des différentes connoiffances qui font nece£-faires à cet art ; quelles font les parties dont il eft compofé \ & quelle eft fon origine ;c'eft ce que j'ay fait en expofant quelles doivent eftre les qualitez d'un Archite&e. Devient qu'après avoir parlé de ce qui dépend de l'art, je traite en ce fécond livre de la ma-tière que la nature fournit pour les Edifices, & je n'y^ difeours olus de l'origine de l'art de qbaftir, mais de celle des baftimens & quels ont efté les progrés par lefquels ils font par-venus à la perfe&ion en laquelle nous le voyons à prefent.

Pour revenir donc aux chofes qui font neceffaires à l'accomplifTement d'un Edifice,je vais raifonner fur fa matière, expliquant fans obfcurité par quelle mixtion de principeselle eft produite par la nature , car il n'y a point de matériaux, ni de corps quels qu'il»foient, qui n ayent plufieurs principes, & ce qui appartiennt à la nature, ne peut eftre clai-rement expliqué en Phyfîque, fi on ne démontre avec de bonnes raifons quelles font lescaufes de chaque chofe.

Ténébreux.

i

Chap. IL

CHAPITRE II.

Des principes de toutes chofes felon l'opinion des Philofophes.

D

TH a l E s eft le premier qui a crû que l'eau eftoit le principe de toutes chofes. Hera-clite Ephefien, qui à caufe de l'obfcurité de fes écrits fut furnommé Scotinos , difoitque c'eftoit le feu. Democrite & fon fe&ateur Epicure vouloient que ce fuffent les Ato-mes , que nous apellons des corps qui ne peuvent eftre coupez ny divifez. La doctrine desPythagoriciens outre l'eau & le feu, admettoit encore pour principes l'air & la terre. Quefi Democrite n'a pas donné ces mefmes noms aux principes qu'il établit, mais les a feule-ment propofez en qualité de corps indivifibles, il femble pourtant qu'il ait prétendu figni-fier la mefme chofe, car quand il les a établis comme incapables d'altération & de cor- *ruption, leur donnant une nature éternelle, infinie & folide ; c'eft parce qu'il les confide-roit comme n'eftant point encore joints les uns aux autres. De forte que puifqu'il paroift Eque toutes chofes font compofées & naiffent de ces principes, & que ces Atomes font dif-férents en une infinité de chofes différentes, je crois qu'il eft à propos de parler de leurs di-vers ufages, & comment leurs différentes qualitez doivent eftre confiderées dans les Edifi-ces afin que * ceux qui veulent baftir en ayant connoiffance , ne foient pas fujets à fe*tromper, mais qu'ils puiflent faire un bon choix de tout ce qui leur peut eftre neceffaire.

ï. Incapables d'alte ration. Il me femble qu'il x. A fin que ceux qui veulen t bastir. Ceuxn'eft pas difficile de voir qu'il faut lire tndivi hta corpora âiC- qui veulent fane paner Vitruve pour un bon homme, demyjunBa non Uduntur au lieu de non îeguntur , comme il y a fçavant , qui dit, à propos ou non , tout ce qu'il fçait, oudans tous les exemplaires -, & que le Tens eft que les corps qu'il ne fçait pas , allèguent ce chapitre dans lequel il pro-ne font capables de corruption ni d'altération que parce met beaucoup plus de Philo fophie qu'il n'en fçait & qu'il

_____ capa _____

qu ils font compofez.

n'en eft befoin pout connoiftie & pour choifir les p->ateri iux

EXPLICATION