229. 1580 399
fere avec la genöralite' de ceulx qui y entrent, d'aultant qu'elle Juniseroit ä l'instant divulguee et par trop suspecte en Allemaigne, oüce mot de ligue est tres-odieulx, qui mectroit infinite de personnesen deffiance et pourroit causer avec succession de temps une contre-ligue, qui altereroit du tout les affaires du pais- Mais pour lacouvrir, comme aussi o'est chose qui ne se peult aultrement, ilfault traicter particullierement avec chascun prince, selon l'advisde A., et de ce qui sera räciprocquement accorde, le retirer biensigne de leur main. Ce faisant le dict accord servira aultant etplus au roy; oultre ce il ne luy sera de si grands fraiz ä l'advenir,d'aultant que traictant particullierement avec Tun, il ne sera tenuque de fournir ä celluy qui sera envahi ou molleste aultant d'hom-mes, comme il luy en accordera. Et les faisans tous signer enune mesme ligue, le moindre assailly, il sera contrainet de leursubvenir des forces qu'il leur aecorderoit en general. Et Sa M w nelaissera pour cela d'estre secourru de touttes les forces que tousen particullier luy ont accordSs. *)
A. tient que la ligue ne se doibt ny peult fere sans y apposerune clause, ä la Charge que le roy entretiendra inviolablement etsincerement l'edict de la paeiffication, articles secretz et conferancede Nerac. Et ne doibt Sa M"> avoir opinion que ce soit faveurou amitie qu'il porte aux Huguenotz qui luy face tenir ce langaige,ains la juste crainete qu'il a que ceste ligue traictee avec luy etpar luy (lequel ou tient ennemy jur6 des la Huguenoterie d'Alle-maigne) face naistre quelque dangereuse deffiance au cueur desHuguenotz de la France et de 1'Allemaigne. D'aultre part il doub-teroit fort qu'il y auroit des princes qui ne sont pas tant alterezcontre les Huguenotz comme luy, qui ne vouldroient entrer enceste ligue, s'ilz n'estvient assurez du contenu cy-dessus- Et voitle dict Auguste que Sa M tÄ - n'en peult faire difficulte, attendu ladeclaration qu'elle en a faicte, mesme faict cognoistre par sesderniers depportemens et l'assamblee et serment sollennel que sadicte M u veult fere avec les principaulx s rs de son royaume pourl'entretenement de ce que dessus, et en outre par le pouvoir qu'ellea donne ä monseigneur de congnoistre des contraventions pour punirpar sa justice ceulx qui les commectront. 2 )
A. desire de före entrer en ceste ligue avec luy le roy deDannemarcq, le marquis de Brandenburg et le landtgrave de Hesse,
envoyeez par mnna r Praillon au roy, environ sur la fin de may ou com-mencement de juing 1580." Darunter: „Se voit par la tout le Beeret dela negociation, selon l'advia de l'eleeteur Auguste de Saxe.'