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LES CRIS DE PARIS ET LES CRIS ÉTRANGERS.bims! « Un (grand) deux sous, deux (petits) deux sous, gâteaux à la croix, tout chauds! » (Série K, n°65.) Cecri est un des plus populaires parmi les babys de Londres (1).
Comme en France, au moyen âge, les vendeurs de pâtés chauds, de pâtés de mouton, sont nombreux àLondres; ils vont criant: Smoking hot , piping hot, mutton pies! « Pâtés de mouton tout chauds, toutfumants! (Série Iv, n°67.) ■>>
Un autre pâtissier, bien connu de la jeunesse des écoles, annonce d’une voix de stentor ses gâteaux auxraisins de Corinthe, ou ses buns. « Plum-cake! (oubun !) plum-cake! (ou bun !) » (Série Iv, n° 68.) Un jour, criantainsi ses gâteaux près d’une église, à l’heure des offices, il troubla tellement les fidèles, que le service divin futinterrompu.
La marchande de marée célèbre le maquereau nouveau : New mackerel! new mackerel! « Maquereau nou-veau ! maquereau nouveau ! » sur un dessin mélodique qui n’a rien de la hardiesse vocale des formules denos marchandes de marée. (Série K, n° 69.)
Celui qui vend à la fois plusieurs espèces de légumes en prononçant ces mots : Turnopes , cabbages, tatos,turnopes! « Navets, choux, pommes de terre, navets! » lient à choisir de bonnes syllabes pour aider à l’émissionde sa voix-, il change donc, comme nous l’avons dit ailleurs, ce mot de turnips en turnops, et il abrège saformule qui, sans doute, lui paraît trop longue, en disant tatos pour potatoes.
Après les marchands de denrées destinées à la consommation de l’homme viennent les marchands de nourri-ture pour les animaux. Lesoiseaux captifs dans les cages, et qui regrettent la verdure des bois, connaissent par-faitement le cri de : Chickiveecl! chickweed ! lier e s my chickweed and groundsel for birds ! « Mouron ! mouron !voici mon mouron et mon seneçon pour les oiseaux ! » (Série K, n° 71.) Le cri anglais n’est pas aussi expressifque notre cri français : Mouron pour les petits oiseaux! il est cependant très vocal et méritait d’élre noté.Les chats et les chiens s’élancent de leur côté vers la porte, au cri de : Do you ivant any dog’s méat , cat'sméat! etc. « Avez-vous besoin de viande pour les chiens, de viande pour les chats! etc. » (Série K, n° 72.)
Passons aux marchands d’objets de luxe et d’agrément, parmi lesquels se présentent d’abord les bouquetières.Avant le xv° siècle, c’était la Hollande qui fournissait l’Angleterre de fleurs. Aujourd’hui de jeunes filles par-courent les prairies et les bruyères de la vieille Albion, cueillant les fleurs sauvages, dont elles forment desbouquets et des guirlandes qu’elles annoncent par une jolie et fraîche canlilène: Primroses! primroses! Who’llbuy my primroses! « Primevères ! primevères ! Qui veut m’acheter des primevères ! » Les jouets d’enfants sontun autre objet de commerce ambulant qui appelle à Londres l’attention des promeneurs. Ceux qui ont parcourula capitale anglaise avant 18Zi9 ont pu y rencontrer un petit homme de vieillotte apparence, qui avait gagné,dit-on, des sommes d’argent considérables, grâce à la mélodie particulière de son cri. Celle mélodie avait lavertu d’attirer les enfants, comme l’appel magique du mystérieux siffleur de Hameln attirait les rats. Le petithomme exposait des figurines dans un bosquet représentant, les petits enfants dans les bois! c’est-à-dire lesdeux principaux personnages d’un récit légendaire qui a charmé la population anglaise, et dont elle aime àse rappeler les émouvants épisodes. The babes in thewood ! the babes in the wood! « Les petits enfants dansles bois...! Ne vous souvient-il pas des petits enfants dans les bois? » (Série K, n° 7A.)
Quelques années plus lard, les enfants dans les bois furent remplacés, sur l’étalage de notre marchand, parun troupeau de petits agneaux couverts d’une blanche toison et portant au cou des colliers d’or. Il allait chan-tant : Young lambs to sell! young lambs to sell ! a penny a piece! Young lambs tosell! « Petits agneaux àvendre! petits agneaux à vendre! deux sous la pièce. Petits agneaux à vendre! » Ces paroles sont adaptées à unepetite mélodie qui ressemble à un thème de contredanse. (Série K, n° 75.) Un autre personnage, très connu dansles rues de Londres, vendail de petits meubles pour les poupées, et s’annonçait par ce cri mélancolique : Buya doll's bedstead! «Achetez le lit! » (Série K,n° 76.) Après l’âge où l’on aime les poupées vient l’âge oùl’on aime les chevaux. On sait que l’Angleterre est par excellence le pays du sport : le cri public ne pouvait
(1) On l’a môme converti en une sorte de morceau de musique que touches qui correspondent aux notes du petit air transcrit sous le n* 66,
les mères font jouer à leurs plus jeunes enfants, à l’approche du ven- dans la série de Cuis notés qui fait suite à ce chapitre,
dredi saint, en leur prenant l’index et en le plaçant elles-mêmes sur les