22 ..V INTRODUCTION.
effort des sentiments gracieux et tendres à des effets d’un comique de bon goût : tels sont les éléments de lapartie purement musicale de notre travail.
Quelques mots nous suffiront maintenant pour résumer les idées qui nous dirigent, soit dans la voie desrecherches historiques, soit dans celle des recherches musicales.
Au point de vue philosophique et physiologique, le cri — intermédiaire entre la parole et le chant — nousapparaît comme le dépositaire des premiers éléments du langage et des plus humbles manifestations de lapensée humaine; au point de vue historique, gardant toujours son rôle d’intermédiaire, il devient l’interprètede sentiments et d’idées principalement collectifs qu’il réussit à exprimer sous une forme heureusement com-patible avec les goûts populaires. Nous l’envisageons d’abord dans ses rapports avec la parole. Nous l’interro-geons sur quelques-unes des époques principales de l’histoire de Paris depuis le moyen âge; contrôlé par desdocuments historiques sévèrement choisis, il devient pour nous un guide qui ne saurait nous égarer.
Au point de vue musical, ce sont les rapports du cri avec le chant qui doivent surtout nous occuper. L’im-portance verbale s’efface ici devant l’accentuation, qui revêt souvent un caractère vraiment mélodique. Lesdivers métiers nous apparaissent alors comme autant de parties d’un vaste concert, parties grotesques oulamentables, gracieuses ou bizarres, qu’il s’agit de caractériser et de classer.
Le double domaine que nous avons à parcourir est loin de comprendre, nous l’avons dit en commençant,tous les éléments du sujet tel qu’il pourrait se présenter à la curiosité du philologue et du penseur. Ainsi limité,nous croyons néanmoins qu’il offre encore de nombreux titres à l’intérêt, et c’est au lecteur que nous laissonsmaintenant le soin d’en décider.