Des Chariatans, 2.79l’on cherche k eloigner les idees de Tun ,l’on fourit a celles de l’autre, il doit bien-tot avoir la preference.
Une troifieme caufe, qui tient encore auraeme principe, c’eft que l’on fe livre a ce-lui dont la methode eft la moins penible &Hatte le plus nos paflions. Le Medecin quiprefcrit un regime , qui exige des priva-tions, qui demande du temps, qui veut dela regularite, rebute un malade accoutumea fe livrer a tous fes goüts; Pempirique quilui permet tout, l’enchante. L’idee d’une eurefi longue & heriflee de tant d’epines, fuppofeun mal bien grave; cette idee attrifte; onne l’admet qu’avec peine, &, fans s’en ap-percevoir , on embrafle , pour l’aneantir,le fyfteme oppofe , qui ne nous laifle voirqu’une maladie de nature a ceder ä quelquesprifes de fimples.
Ce goüt pour le nouveau & pour Pex-traordinaire , qui conduit defpotiquementun fi grand nombre d’hommes, & qui ac-credite tant d’etres & tant de chofes ridi-cules, eft une quatrieme raifon tres-puif-fante. L’ennui eft ce que Phomme craint leplus, & il y eft fans cefle entraine par fonpropre vuide & par celui de la Societe; lesfenfations neuves & extraordinaires Pen ti-rent mieux que rien autre, il s’y livre fansen prevoir les confequences.
Une cinquieme raifon fe tire de ce queles trois quarts & demi des hommes fontmenes par l’autre demi-quart; & qu’ordi-nairement, le demi-quart qui aime a riie-