des Enfants. 69tout pour des organes encore foibles 6c de-licats.
II faut, dit~on , accoutumer leur efto-mac ä tout; mais ce dit-on eft une fot-tife; il faut leur faire l’eftomac bon , alorsils iupporteront tout, 6c on ne le rendpoint bon en leur caufant de frequentes in-digcftions. Pour rcndre un poulain robuf-te , on le laifle quatre ans fans en exigeraucun travail, 6c alors il eft capable desplus penibles fans en etre incommode. Si,pour l’accoutumer k la fatigue, on l’avoit,d£s fa naiflance , oblige a porter des far-deaux au-deflus de fes forces , il n’auroitjamais ete qu’une roffe incapable d’aucuntravail : c’eft l’hiftoire de l’eftomac.
J’ajouterai ici une obfervation tres-im-portante; c’eft que le travail precoce, au-quel l’enfant du payfan eft aftreint, eft unmal reel pour le pays. Par-la meme quelesfamilles font moins nombreufes 6c que plu-fieurs enfants font tires tres-jeunes de lamaifon paternelle, ceux qui reftent font obli-ges de travailler, 6c^meme k des ouvragespenibles dans un äge oü ils ne devroientctre occupe's que des jeux de l’enfance. Ilss’ufent avant Tage, ils n’acquierent jamaistoutes leurs forces , ils ne font point leurcrue, 6c l’on voit reunies des phyfionomiesde vingt ans a des tailles de douze ou trei-ze; fouvent meme ils fuccombent a cestravaux forces, ils tombent dans une ef-pece de confomption 6c de deflechement quiles tue.