des Enfants. 6 ynourrit le veut. C’eft peut-etre meme l’ägeoü il convient le mieux de le faire, parceque c’eft celui oü l’uniformite conftante deleur vie doit faire prefumer que leurs be-foins font plus conftamment egaux.
Un enfant qui a deja quelques annees,qui eft abandonne a fa vivacite, change fesbelbins; fa vie eft irreguliere, fon appetitdoit l’etre, il y auroit par-la meme de l’in-convenienc a i’aflujettir trop fervilement aune regle exaöe dans la quantite & l’ordredes aliments; la diftipation etant inegale,le befoin de reparation ne peut pas etre conf-tant; mais chez le petit enfant, l’unifor-mite au premier de ces egards rend utilel’uniformite par rapport au fecond. La ma-ladie eft prefque la feule chofe qüi doiveapporter quelque changement k cet ordre,& ce changement doit etre alors pour leretranchement, quoiqu’une pratique gene-rale & meurtriere etablifle le contraire, &qu’un ufage pernicieux autorife les nour-rices a remplir d’autant plus ces petites crea-tures qu’elles ont moins befoin d’aliments.
L’on s’imagine que les pleurs font tou-jours le cri de la faim, & düs qu’un en-fant pleure, on lui donne a manger, fansvouloir faire attention que ces pleurs etoientpeut-etre 1’efFet du mal-aife que lui pro-curoit un eftomac trop rempli, ou de dou-leurs dont on n’enleve pas la caufe en lafaifant manger, mais k laquelle le mangerle rend infenfible pendant quelques mo-ments, premierement en le diftraifant, fe-