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1 (1863)
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ŒUVRES DE HENRI HEINE.

W. Scott, les contes de chevalerie de Fouqué vous rap-pellent les énormes tapis ouvragés de grosse laine etqui frappent plus nos yeux que notre âme par leurabondance de figures et la magnificence de leur coloris.Ce sont des tournois, des jeux de bergers, des fêtesdéglise, des duels, etc., etc.; tout cela est arrangédune manière riche, variée et fantastique, mais super-ficiel et manquant de tout sens profond. Chez les imita-teurs de Fouqué comme chez ceux de W. Scott, cettemanière de peindre lextérieur et le costume, au lieu dela nature intime des hommes et des choses, se mani-feste dune manière encore plus déplorable. Ce genrefacile et plat pullule aujourdhui en Allemagne toutcomme en Angleterre et en France, et quoique cescompositions ne glorifient plus le temps de la chevalerieet sévertuent à traiter des sujets modernes, leur pro-cédé est toujours le même, qui ne saisit dans les phé-nomènes de la vie que laccidentel au lieu den repré-senter lessence. Au lieu du cœur humain, nosmodernes faiseurs de romans, ne connaissent que lavieille défroque des hommes, leurs vêtements plus oumoins usés. Il en était bien autrement chez les anciensromanciers, surtout chez les Anglais : Richardson nousdonne lanatomie des sentiments, Goldsmith traite enmoraliste les mouvements du cœur de ses héros. Lau-teur de Tristram Shandy nous révèle les profondeursles plus cachées de lâme, il nous permet de jeter unregard dans ses abîmes, ses paradis, ses enfers et ses