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ŒUVRES DE HENRI HEINE.
W. Scott, les contes de chevalerie de Fouqué vous rap-pellent les énormes tapis ouvragés de grosse laine etqui frappent plus nos yeux que notre âme par leurabondance de figures et la magnificence de leur coloris.Ce sont des tournois, des jeux de bergers, des fêtesd’église, des duels, etc., etc.; tout cela est arrangéd’une manière riche, variée et fantastique, mais super-ficiel et manquant de tout sens profond. Chez les imita-teurs de Fouqué comme chez ceux de W. Scott, cettemanière de peindre l’extérieur et le costume, au lieu dela nature intime des hommes et des choses, se mani-feste d’une manière encore plus déplorable. Ce genrefacile et plat pullule aujourd’hui en Allemagne toutcomme en Angleterre et en France, et quoique cescompositions ne glorifient plus le temps de la chevalerieet s’évertuent à traiter des sujets modernes, leur pro-cédé est toujours le même, qui ne saisit dans les phé-nomènes de la vie que l’accidentel au lieu d’en repré-senter l’essence. Au lieu du cœur humain, nosmodernes faiseurs de romans, ne connaissent que lavieille défroque des hommes, leurs vêtements plus oumoins usés. Il en était bien autrement chez les anciensromanciers, surtout chez les Anglais : Richardson nousdonne l’anatomie des sentiments, Goldsmith traite enmoraliste les mouvements du cœur de ses héros. L’au-teur de Tristram Shandy nous révèle les profondeursles plus cachées de l’âme, il nous permet de jeter unregard dans ses abîmes, ses paradis, ses enfers et ses