TROISIEME PARTIE
— DE KANT JUSQU’A HEGEL —
On raconte qu’un mécanicien anglais, qui avait déjàimaginé les machines les plus ingénieuses, s’avisa à lafin de fabriquer un homme, et qu’il y avait réussi.L’œuvre de ses mains pouvait fonctionner et agir commeun homme ; il portait dans sa poitrine de cuir une es-pèce d’appareil de sentiment humain qui ne différaitpas trop des sentiments habituels des Anglais, il pou-vait communiquer en sons articulés ses émotions, et lebruit intérieur des rouages, ressorts et échappements,qu’on entendait alors, produisait une véritable pronon-ciation anglaise. Enfin cet automate était un gentlemanaccompli, et pour en faire tout à fait un homme, il nelui manquait plus qu’une âme. Mais cette âme, soncréateur anglais ne pouvait la lui donner, et la pauvre