II
Après les Schlegel, M. Louis Tieck fut un des écrivainsles plus actifs de l’école romantique. Il combattit et ilcomposa pour elle. Ce fut un poète, nom que ne méritaaucun des deux Schlegel. Ce fut un fds véritable dePhœbus Apollo, et, comme le dieu éternellement ado-lescent, il ne porta pas seulement la lyre, mais l’arc etle carquois rempli de flèches retentissantes. Il était ivred’enthousiasme lyrique et de cruauté critique, commeson père le Delphien. Comme celui-ci, dès qu’il avaitimpitoyablement écorché quelque Marsyas littéraire,ses doigts sanglants se portaient joyeusement sur lescordes d’or de sa lyre, et il se mettait à chanter unedouce chanson de troubadour.
La polémique qu’il soutint, sous une forme drama-tique, contre les adversaires de l’école, est une des pluscurieuses apparitions de notre littérature ; ce sont desdrames satiriques que l’on compare ordinairement auxcomédies d’Aristophane, mais ils en diffèrent autantqu’une tragédie de Sophocle diffère d’une tragédie deShakspeare. Les comédies antiques avaient toute l’unitéd’action, la marche rigoureuse et la langue élégamment