DE L ALLEMAGNE.
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pas une créature humaine. Notre époque repoussetoutes ces tilles de l’air et de l’eau, même les plusjolies ; elle demande des images réelles de la vie, et cequi lui répugne le plus, ce sont les belles femmes-fan-tômes qui s’amourachent de nobles chevaliers. Voici cequi arriva : ces tendances rétrogrades, ces louangescontinuelles en l’honneur de la noblesse, l’incessanteglorification du bon vieux temps, l’éternel panégyriquede la féodalité, tout cela déplut à la fin aux savantsbourgeois du public allemand, et l’on se détourna dupoète arriéré. Dans le fait, cette intéressante kyrielle deharnais, haquenées, paladins, châtelaines, damoiseaux,prud’hommes, nains, écuyers, moines, troubadours ettoute la friperie moyen âge finirent par nous fatiguer, etcomme l’ingénieux Hidalgo de la Manche, le pauvreFrédéric de Lamotte-Fouqué s’enfonça de plus en plusdans ses livres de chevalerie, et perdit de vue les idéesdu présent au milieu des rêves du passé. Force futmême à ses meilleurs amis de se détourner de lui avecpitié.
Pour les ouvrages que le malheureux baron écrivitdans les derniers temps, on ne peut guère les lire. Lesdéfauts de ses premiers écrits y sont poussés jusqu’auxextrêmes. Les chevaliers qu’il avait créés, même dans sameilleure période, n’étaient que fer et sentiment, ilsn’avaient ni bon sens ni raison. Les femmes ne sontque des poupées dont la chevelure dorée descend avecgrâce sur leur visage de roses. Gomme les romans de