Druckschrift 
1 (1863)
Entstehung
Seite
353
Einzelbild herunterladen
 

DE LALLEMAGNE.

3dî»

dessus une explication bien remarquable. Il raconteque la mère de Werner eut la raison détraquée, et que,pendant sa grossesse, elle sétait figuré quelle était lamère de Dieu, et quelle allait enfanter le Sauveur dumonde. Lesprit de Werner, pendant toute sa vie, portala marque indélébile de cette religieuse démence. Leplus effroyable fanatisme religieux règne dans toutesses compositions. Une seule, le 24 février, en est toutà fait exempte, elle appartient aux produits les plusprécieux de notre littérature dramatique. Mieux quetous les autres drames de Werner, celui-ci a excité surla scène le plus grand enthousiasme. Ses autres piècesont moins plu aux masses, parce quavec toute sa puis-sance dramatique le poëte ignorait entièrement les con-naissances traditionnelles du théâtre.

Le biographe de Hoffmann, le conseiller Hitzig, aécrit aussi la vie de Werner. Cest un travail conscien-cieux, aussi intéressant pour le psychologue que pourlhistorien littéraire. Comme on me le racontait derniè-rement, Werner a passé quelque temps ici, à Paris,les jolies péripatéticiennes qui, jadis, dans la toilette laplus brillante, parcouraient les galeries du Palais-Royal,lamusaient beaucoup; elles couraient toujours derrièrelui, lagaçaient en riant de son accoutrement comiqueet de ses manières encore plus comiques. Cétait le bonvieux temps ! Hélas ! comme le Palais-Royal Z. Wernera bien changé. La dernière étincelle du plaisir séteignitdans le cœur du pauvre homme; il devint morose et

20 .

i.