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ŒUVRES DE HENRI HEINE.
entra à Vienne dans l’ordre des Liguriens; là, dans lacathédrale de la métropole, il prêcha sur le néant desjouissances humaines; il avait trouvé que tout était vainsur terre. La ceinture de Vénus, disait-il, maintenantn’est qu’un serpent venimeux, et là grande Junon, soussa tunique blanche, porte une paire de culottes de peaujaune comme les postillons. Le père Zacharie se mor-tifiait, jeûnait et prêchait contre l’aveuglement de nosplaisirs mondains. Maudite est la chair, criait-il si hautet avec un accent prussien si prononcé et si perçant queles statues des saints en tremblaient sur leurs hases, etles charmantes grisettes viennoises se pâmaient de rire.Outre cette nouveauté importante de la vanité deschoses d’ici-bas, il racontait sans cesse qu’il était ungrand pécheur. A le considérer de près, cet homme atoujours été conséquent avec lui-même, seulement ilchanta d’abord ce qu’il ne fit que pratiquer plus tard.Les héros de la plupart de ses drames sont déjà desamoureux pleins de renoncement monacal, de volup-tueux ascétiques qui ont découvert dans l’abstinence unraffinement de plaisir, qui spiritualisent leur besoin dejouissances par le martyre de la chair, qui cherchentdans les macérations du mysticisme religieux les plusterribles béatitudes, et qui mériteraient le nom de saintsroués.
Peu de temps avant sa mort, Werner sentit s’éveillerencore une fois en lui le besoin de la composition dra-matique , et il écrivit une dernière tragédie intitulée :