DE L’ALLEMAGNE.
351
importance historico-littéraire et non pas à cause deleur valeur intrinsèque que j’ai parlé tout d’abord et endétail des membres de cette coterie dont le but et lesefforts étaient communs. C’est pourquoi l’on voudrabien ne pas se méprendre sur mes intentions, si jeparle tardivement et plus sobrement de Zacharie Wer-mer, du baron de Lamotte-Fouqué et de M. LouisUhland. Ces trois écrivains demanderaient, par leur mé-rite, à être traités plus en détail et célébrés plus large-ment que ceux dont je me suis occupé jusqu’ici ; carZacharie Werner fut le seul auteur dramatique del’école, dont les pièces aient été représentées sur lascène et applaudies du parterre. M. le baron de Lamotte-Fouqué fut le seul poète épique de l’école, dont lesromans aient intéressé le public entier, et M. LouisUhland est le seul lyrique de l’école, dont les chansonsaient pénétré dans les masses et vivent encore dans labouche de ses contemporains.
Sous ce rapport ces trois poètes sont supérieurs àM. Louis Tieck que j’ai loué comme un des meilleursécrivains de l’école; quoique le théâtre ait été sa pas-sion favorite, et que dès son enfance jusqu’à ce jour ilse soit occupé du monde des comédiens et de sesmoindres détails, il n’a jamais su créer un drame quiait ému le public comme l’ont fait ceux de ZacharieWerner. Il a toujours fallu à Tieck un public intime,un parterre domestique, à qui il déclamât ses vers enpersonne, et sur les applaudissements duquel il pût