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ŒUVRES DE HENRI HEINE.
aux hosties d’or et d’argent que ie peuple attribue unevertu miraculeuse. L’argent est le commencement et lafin de toutes les œuvres des hommes d’aujourd’hui, etquand ils ont à bâtir un monument, ils ont grand soinde déposer sur la pierre fondamentale quelques piècesd’argent, toutes sortes de monnaies renfermées dansune boîte.
Oui, de même que toute chose dans le moyen âge,tous les édifices, ceux de pierre autant que ceux del’esprit, l’Église et l’État reposaient sur la croyance à lavertu du sang, aussi toutes nos constitutions et nosinstitutions d’aujourd’hui n’ont pour fondement quel’argent, l’argent seul. Le culte sanguinaire du moyenâge était une superstition, la religion de l’argent comp-tant, que nous voyons de nos jours, est de l’égoïsme.La raison a détruit le premier, le sentiment détruiral’autre. Le fondement de la société humaine sera unjour meilleur, et tous les grands cœurs de l’Europe sontdouloureusement travaillés par le besoin de trouver celtenouvelle base.
Peut-être est-ce le dégoût de cette religion de l’ar-gent qui poussa en Allemagne quelques poètes de l’écoleromantique, pleins de loyales intentions, à chercherdans le passé un refuge contre le présent, et à favoriserla restauration du moyen âge. A cette classe apparte-naient les poètes dont j’ai parlé séparément dans cecinquième livre après avoir traité dans le livre précédentde l’école romantique en général. C’est à cause de leur