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ŒUVRES DE HENRI HEINE.
un cordon ombilical d’une fabuleuse longueur, elless’embarrassent dans ses nœuds et s’étranglent. Au lieude pensées, il nous donne pour ainsi dire son pensermême. Nous assistons à la formation matérielle de sesidées, à l’action cérébrale de son esprit : il offre au lec-teur plutôt son cerveau que sa pensée. C’est le plus gaiet en même temps le plus sentimental des écrivains ;oui, la sentimentalité le domine toujours, et son rire sechange soudain en larmes-11 cache quelquefois sa gran-deur d’âme sous les haillons d'un gueux vulgaire, puis
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tout à coup comme les princes incognito que nousvoyons sur la scène, il déboutonne sa grossière souque-nille et nous voyons alors sur sa poitrine briller l’étoileprincière.
C’est en cela que Jean-Paul ressemble au grand Irlan-dais auquel on l’a si souvent comparé. Quand il s’estperdu dans les trivialités les plus grossières, l’auteur deTristram Shandy sait aussi par de sublimes transitionsnous rappeler sa dignité royale, sa noble origine, saparenté avec Shakspeare. Comme Lorenz Sterne, Jean-Paul nous a livré toute sa personnalité, comme lui ils’est montré dans le plus complet déshabillé, maispourtant avec une certaine gêne pudique, surtout sousle rapport sexuel. Sterne se présente au public tout nu,tandis que Jean-Paul n’a que de grands trous dans sonpantalon; sa nudité est plutôt ridicule qu’idéale. C’est àtort que quelques critiques pensent que Jean-Paul apossédé plus de vrai sentiment que Sterne, parce que