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1 (1863)
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ŒUVRES DE HENRI HEINE.

un cordon ombilical dune fabuleuse longueur, ellessembarrassent dans ses nœuds et sétranglent. Au lieude pensées, il nous donne pour ainsi dire son pensermême. Nous assistons à la formation matérielle de sesidées, à laction cérébrale de son esprit : il offre au lec-teur plutôt son cerveau que sa pensée. Cest le plus gaiet en même temps le plus sentimental des écrivains ;oui, la sentimentalité le domine toujours, et son rire sechange soudain en larmes-11 cache quelquefois sa gran-deur dâme sous les haillons d'un gueux vulgaire, puis

tout à coup comme les princes incognito que nousvoyons sur la scène, il déboutonne sa grossière souque-nille et nous voyons alors sur sa poitrine briller létoileprincière.

Cest en cela que Jean-Paul ressemble au grand Irlan-dais auquel on la si souvent comparé. Quand il sestperdu dans les trivialités les plus grossières, lauteur deTristram Shandy sait aussi par de sublimes transitionsnous rappeler sa dignité royale, sa noble origine, saparenté avec Shakspeare. Comme Lorenz Sterne, Jean-Paul nous a livré toute sa personnalité, comme lui ilsest montré dans le plus complet déshabillé, maispourtant avec une certaine gêne pudique, surtout sousle rapport sexuel. Sterne se présente au public tout nu,tandis que Jean-Paul na que de grands trous dans sonpantalon; sa nudité est plutôt ridicule quidéale. Cest àtort que quelques critiques pensent que Jean-Paul apossédé plus de vrai sentiment que Sterne, parce que