DE i/ALLEMAGNE.
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allures de son style qui est si difficile à goûter. Il estimpossible à une tête française claire et bien ordonnéede se faire une idée de ce style Jean-Paulesque. L’édificede ses périodes est composé de toutes sortes de petiteschambrettes, tellement étroites que, lorsque deux idéesviennent à s’y rencontrer, elles courent risque des’entre-heurter. En haut, au plafond, ce ne sont quedes crochets où Jean-Paul suspend toute espèce de pen-sées, tandis qu’aux murailles sont mille secrets tiroirsoù il cache des sentiments. Nul écrivain allemand n’estaussi riche que lui en pensées et en sentiments, mais ilne les laisse pas arriver à maturité, et la richesse de sonesprit et de son cœur nous cause plus d’étonnement quede jouissance. Des pensées et des sentiments qui s’élè-veraient comme des arbres gigantesques, s’il les laissaitprendre racine et s’étendre avec toutes leurs branches,leurs fleurs et leurs feuilles, il les arrache du sol lors-qu’ils ne sont à peine que de petites plantes ou mêmeencore de simples germes, et le voilà qui vous apportecomme un plat de légumes ordinaires toutes ces futuresforêts. Et tout cela fait un singulier mets fort peu dé-gustable, car tous les estomacs ne sont pas de force àdigérer une pareille quantité de chênes, tilleuls, sapins,cèdres, palmiers et bananiers en herbe. Jean-Paul estpoëte et aussi quelque peu philosophe. Mais on ne peutpas être moins artiste que lui dans ses écrits. Il a misau monde dans ses romans des figures véritablementpoétiques. Mais toutes ces créations traînent après elles