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1 (1863)
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DE I ALLEMAGNE.

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nous

nous ne pouvons nous empêcher de rire. Oui,autres Allemands, qui savons demeurer sérieux en facede vos plus joyeuses facéties, nous nous livrons à lagaieté la plus folle en lisant vos histoires de revenants,car vos revenants sont toujours des spectres français.Spectre français ! quelle contradiction dans ces paroles !Dans ce mot spectre, il y a tant disolement, de gronde-ment, de silencieux, dallemand, et, dans ce mot fran-çais, tant de sociabilité, de gentillesse , de babil et defrançais ! Gomment un Français pourrait-il devenir unspectre, et comment un spectre pourrait-il exister àParis ? à Paris, dans le foyer de la société européenne !Entre minuit et une heure, qui est, de toute éternité, letemps assigné aux spectres, la vie la plus animée serépand encore dans les rues de Paris; cest en ce momentque retentit à lOpéra le bruyant finale; des bandes jo-yeuses sécoulent des Variétés et du Gymnase, et tout ritet saute sur les boulevarts, et tout le monde court auxsoirées. Quun pauvre spectre errant se trouverait mal-heureux dans cette foule animée ! et comment un Fran-çais, même sil était mort, pourrait-il conserver la graviténécessaire pour le méfier de revenant, quand la gaietépopulaire le cernerait de toutes parts ? Sil y avait réel-lement des spectres à Paris, je suis convaincu que lesFrançais, sociables comme ils le sont, se lieraient entreeux même comme revenants, quon verrait bientôt se for-mer des réunions de spectres, se fonder un café des morts,une gazette des morts, une Revue de Paris morte, et