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1 (1863)
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ŒUVRES DE HENRI HEINE.

même se dire dune origine bourgeoise, car il est denaissance une racine, une racine que les Françaisnomment mandragore. Cette racine croît sous lécha-faud, ont coulé les larmes équivoques dunpendu. Elle poussa un effroyable cri lorsque la belleIsabella larraclia de la terre à minuit. Cette plante res-semble à un nain, seulement elle na ni yeux, ni bouche,ni cheveux. La charmante fille lui mit sur le visage deuxgrains dorge noirs et une fleur déglantier rouge, dil sortit une bouche et des yeux, puis elle éparpilla unpeu de millet sur la tête du petit homme, et il poussa descheveux, un peu crépus, il est vrai. Elle berça le monstredans ses bras blancs ; quand il gémissait comme un en-fant, elle le baisait si fort de ses lèvres de rose, quellelui fit presque sortir de la tête ses yeux de grains dorge,et êlle le gâta tellement quil voulut à toute force êtrefeld-maréchal. Il fallut le couvrir do ce brillant uniforme,lui conférer ce noble titre : et cétait lord Wellington enminiature.

Ne sont-ce pas quatre personnes bien distinguées ?Vous aurez beau piller la Morgue, les Charniers, la Courdes Miracles et toutes les maladreries du moyen âge,vous nassemblerez pas une si bonne compagnie quecelle qui se trouve dans ce seul carrosse, roulant sur laroute de Bruxelles. O spirituels Français, vous devriezreconnaître que le terrible nest pas votre genre, et quela France nest pas un sol propre à produire des spectresde cette nature ! Quand vous conjurez des fantômes,