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ŒUVRES DE HENRI HEINE.
qu’on recevrait des invitations à des soirées de morts, oùl'on fera de la musique.
Je suis certain que les morts s’amuseraient beaucoupplus à Paris que les vivants ne s’amusent chez nous.Quant à moi, si je savais qu’on pût exister à Paris enqualité de spectre, je ne craindrais plus la mort. Je pren-drais seulement mes mesures pour être enterré au Père-
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Lachaise, afin de pouvoir faire mes apparitions à Parisentre minuit et une heure. Quelle heure délicieuse ! Etvous, mes compatriotes; quand vous viendrez à Parisaprès ma mort, et que vous verrez mon spectre errer lanuit par les rues, rie vous effrayez pas ; je ne serai pasun revenant terrible, à la triste manière allemande, maisun spectre parisien qui revient pour son plaisir.
Pauvres écrivains français qui conjurez des fantômes,vous me faites l’effet d’enfants qui se mettent desmasques devant le visage pour se faire peur les uns auxautres. Ce sont des masques graves et terribles, mais àtravers les trous des yeux on aperçoit de joyeux regardsd’enfants. Nous autres Allemands, nous montrons quel-quefois , au contraire, des yeux de mort à travers unaimable masque juvéline. Vous êtes un peuple élégant,sociable, aimable, raisonnable et vivant; et ce qui estbeau, noble et humain est seulement de votre do-maine. C’est ce que vos anciens écrivains avaient parfai-tement compris, et vous autres écrivains modernes, vousfinirez par le comprendre aussi. Renoncez aux spectreset aux choses terribles. Laissez-nous, à nous autres