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1 (1863)
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DE LALLEMAGNE.

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passions de tous les jours ; quils lui tirent de leur propresein des sensations agréables ou pénibles ; en un mot,le peuple veut être ému. Arnim ne pouvait pas contenterce besoin. Ce nétait pas un poète de la vie, mais de lamort. Dans tout ce quil écrit, cest comme un mouve-ment dombres; les figures sagitent; elles remuent leurslèvres comme si elles parlaient, mais on voit seulementleurs paroles, on ne les entend pas. Ges figures sautent,courent, se renversent sur la tête, sapprochent de nousmystérieusement, et nous insinuent à loreille quils sontmorts. Un tel spectacle serait trop douloureux et acca-blant , nétait la grâce quArnim répand sur toutes cescompositions, et qui ressemble au sourire dun enfant,mais dun enfant mort. Arnim sait peindre lamour,quelquefois aussi la sensualité, mais nous ne pouvonssentir ces choses avec lui; nous voyons de belles formes,des seins agités, des hanches arrondies, mais un froidlinceul enveloppe tous ces corps. Quelquefois Arnim estcaustique, et lon ne peut se défendre de rire, mais cestcomme si la mort nous chatouillait du bout de sa fau-cille. Dordinaire, Arnim est sérieux, sérieux comme unAllemand mort la veille. Un Allemand vivant est déjàcependant une créature suffisamment grave. Mais, unFrançais ne peut se figurer combien nous sommes sé-rieux après notre mort, nous autres Allemands; nosfigures sont alors encore plus longues que de coutume,et les vers qui dînent à nos dépens deviennent tout mé-lancoliques rien quà nous voir. En France, on se fait