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ŒUVRES DE HENRI HEINE.
quer ce mot de Steevens au sujet de Voltaire, qui parlaitavec mépris de Shakspeare, après s’être servi d’Olhellopour composer son Orosmane : « Ces gens-là ressemblentà des voleurs qui mettent le feu à la maison où ils ontvolé. » Pourquoi M. Tieck n’a-t-il jamais convenable-ment parlé d’Arnim, lui qui sait dire de si belles chosessur tant de mauvaises œuvres insignifiantes ? MM. Schle-gel ont également gardé le silence sur Arnim. Ce n’estqu’après sa mort qu’il obtint une notice biographiqued’un compagnon de l’école. Je crois que la renomméed’Arnim ne put jamais s’élever bien haut, parce qu’ilétait resté encore beaucoup trop protestant pour ses amisdu parti catholique, et parce que, d’un autre côté, leparti protestant le tenait pour un crypto-catholique. Maispourquoi le public l’a-t-il repoussé ? le public, pour quises romans et ses nouvelles se trouvaient placés danschaque salon de lecture ? Holfmann eut le même sortquant à la presse littéraire. Il ne fut presque pas parlé delui dans nos gazettes et nos feuilles esthétiques, la hautecritique observa un dédaigneux silence à son égard ;mais toutefois il fut généralement lu. Pourquoi le publicallemand négligea-t-il Arnim, un écrivain dont l’imagi-nation était si vaste et embrassait tant de choses, dontl’âme était empreinte d’un sentiment si profond, et quipossédait à un si haut degré le don de peindre ? Quelquechose manquait à ce poète, et ce quelque chose étaitjustement ce que le public cherche dans les livres, la vie.Le peuple exige que les écrivains éprouvent avec lui ses