DE LALLEMAGNE.
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vrai que leur démarche est un peu lourde, que quelques-uns s’y prennent gauchement, et qu’on est quelquefoistenté de rire de leurs transports amoureux; mais ce rica-nement cesse dès qu’on les voit entrer en fureur, se ruerles uns sur les autres, quand Notre-Dame de Paris élèveavec désespoir ses deux bras de pierre vers le ciel, saisittout à coup un glaive, et abat la tête du plus grand detous ces dômes. Mais non, vous ne pourriez encore vousfaire une idée des principaux personnages du chant desNibelungen; il n’est pas de tour aussi haute, pas depierre aussi dure que le féroce Hagen et la vindicativeChrimhilde.
Mais qui a composé ce poëme ? On sait aussi peu lenom de l’auteur des Nibelungen que le nom de l’auteurdes chants populaires. Chose singulière ! on ignorepresque toujours le créateur des livres les plus admi-rables, des poèmes, des édifices et des plus nobles mo-numents de l’art. Comment se nommait l’architecte quiimagina le dôme de Cologne? Qui a peint sous ce dômele tableau d’autel où la ravissante mère de Dieu et lestroi-s rois sont si admirablement représentés ? Qui acomposé ce livre de Job qui a consolé tant de racesd’hommes souffrantes? Les hommes n’oublient que tropfacilement les noms de leurs bienfaiteurs ; les noms desbons et nobles qui ont travaillé pour le bonheur de leursconcitoyens se trouvent rarement dans la bouche despeuples; leur épaisse mémoire ne conserve que les nomsde leurs oppresseurs et de leurs cruels héros de guerres.
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I.