de l’allehiagne.
323
semble dans leurs pèlerinages. Dans ces trois camarades,il y avait toujours un raisonneur qui discutait de bonnehumeur sur tout ce qui se rencontrait, sur chaque oiseauqui traversait Jes airs, sur chaque cavalier qui passait;et, quand ils arrivaient dans une laide contrée, couvertede huttes misérables, habitée par une population men-diante et déguenillée, le raisonneur disait ironiquement:« Le bon Dieu a fait le monde en six jours ; mais il y« paraît, car il reste encore beaucoup à faire. » Le se-cond compagnon n’interrompt l’autre que rarement, etpar quelques remarques furieuses. Il ne peut dire uneparole sans jurer; il maudit avec colère tous les maîtreschez qui il a travaillé , et son refrain banal est qu’il serepent de n’avoir pas laissé en souvenir une volée decoups à l’hôtesse d’Halberstadt, qui lui apportait jour-nellement la choucroute. A ce mot de Halberstadt, sou-pire du fond de son âme le troisième compagnon ; c’estle plus jeune. II entreprend sa première tournée dans lemonde ; il pense toujours à sa gentille bonne amie auxyeux noirs, laisse tomber sa tête sur son sein, et neprononce pas une parole.
L'Enfant au cor merveilleux est un monument bienremarquable de notre littérature. Ce livre a exercé unetrop noble influence sur les lyriques de l’école roman-tique , particulièrement sur notre excellent M. Uhland,pour le passer sous silence ; ce livre et le poëme desNibelungen jouèrent un grand rôle dans cette période. Ilfaut donc aussi mentionner ce dernier ouvrage.