Druckschrift 
1 (1863)
Entstehung
Seite
299
Einzelbild herunterladen
 

DE I. ALLEMAGNE.

299

plomb. Quand quelquefois la vieille sauvagerie déma-gogique se réveillait en lui, et contrastait d’une manièrerepoussante avec ses humbles phrases d’humilité mo-nacale; quand il pérorait d’un ton de charité chrétienne,tout en sautant de côté et d’autre d’un air de rage et deférocité, alors on croyait voir dans cette chaire unehyène tonsurée s’agitant dans une cage.

M. Goerres est né à Coblentz, le 2S janvier 1776.

Je demande la permission de ne pas toucher aux autresparticularités de sa vie, ainsi qu’à celles de son maîtreet d’un grand nombre de ses compagnons d’école. Déjà,dans le jugement des deux Schlegel, j’ai peut-être dé-passé les bornes de la critique; mais hélas ! il est biendouloureux de contempler de près les astres de notrelittérature. Les étoiles du ciel ne nous apparaissent peut-être si belles et si pures que parce qu’elles sont éloignées,et que nous ignorons leur vie privée. Il y a certainementlà haut des étoiles qui mendient et des étoiles qui trom-pent, des étoiles hypocrites et des étoiles qui sont for-cées de faire toutes sortes de bassesses, des étoiles quiflattent leurs ennemis, et, ce qui est encore plus triste,qui flattent leurs amis, comme nous faisons ici-bas. Lescomètes qu’on voit quelquefois errer dans l’espace, lescheveux étincelants et épars, comme des ménades cé-lestes, ce sont peut-être des étoiles libertines qui se re-tirent ensuite avec repentir dans un coin obscur du ciel,et haïssent le soleil.

Je n’ai parlé ici que des deux disciples de M. Schelling