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1 (1863)
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ŒUVRES DE HENRI HEINE.

chiens à déchirer les sauvages; mais lorsque la guerrefut finie, et que les chiens, ayant pris goût au sang hu-main, commencèrent à mordre leurs maîtres aux jambes,ceux-ci furent obligés de se débarrasser violemment deces dogues sanguinaires. Quand M. Goerres, délaissépar les princes, neut plus rien à mettre sous la dent, ilse jeta dans les bras des jésuites. Il les sert encore àcette heure, et il est un des principaux soutiens de lapropagande de Munich. Je le vis, il y a plusieurs an-nées; je le vis dans tout léclat de son abaissement. Ilfaisait des lectures sur lhistoire universelle devant unauditoire qui était principalement composé de sémina-ristes ; et il en était arrivé à la chute de lhomme et aupéché originel. Quelle affreuse destinée est celle desennemis de la France ! Le quatrième allié est condamnéà réciter, tout le long de lannée, à des séminaristes,lhistoire du péché originel ! Dans le débit de cet homme,comme dans ses livres, régnaient la plus grande con-fusion, le plus grand désordre de langage et didées, etce nest pas sans raison quon la souvent comparé à latour de Babel. Il ressemble véritablement à une tourimmense, cent mille pensées fermenteraient, jailli-raient, sinterpelleraient, se querelleraient, sans quelune pût jamais comprendre lautre. Quelquefois le ta-page semblait sapaiser un moment dans sa tête , et ilparlait alors longuement, lentement et ennuyeusement,et. de ses lèvres mécontentes tombaient des paroles mo-notones, comme des gouttes de pluie dune gouttière de