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ŒUVRES DE HENRI HEINE.
chiens à déchirer les sauvages; mais lorsque la guerrefut finie, et que les chiens, ayant pris goût au sang hu-main, commencèrent à mordre leurs maîtres aux jambes,ceux-ci furent obligés de se débarrasser violemment deces dogues sanguinaires. Quand M. Goerres, délaissépar les princes, n’eut plus rien à mettre sous la dent, ilse jeta dans les bras des jésuites. Il les sert encore àcette heure, et il est un des principaux soutiens de lapropagande de Munich. Je le vis là, il y a plusieurs an-nées; je le vis dans tout l’éclat de son abaissement. Ilfaisait des lectures sur l’histoire universelle devant unauditoire qui était principalement composé de sémina-ristes ; et il en était arrivé à la chute de l’homme et aupéché originel. Quelle affreuse destinée est celle desennemis de la France ! Le quatrième allié est condamnéà réciter, tout le long de l’année, à des séminaristes,l’histoire du péché originel ! Dans le débit de cet homme,comme dans ses livres, régnaient la plus grande con-fusion, le plus grand désordre de langage et d’idées, etce n’est pas sans raison qu’on l’a souvent comparé à latour de Babel. Il ressemble véritablement à une tourimmense, où cent mille pensées fermenteraient, jailli-raient, s’interpelleraient, se querelleraient, sans quel’une pût jamais comprendre l’autre. Quelquefois le ta-page semblait s’apaiser un moment dans sa tête , et ilparlait alors longuement, lentement et ennuyeusement,et. de ses lèvres mécontentes tombaient des paroles mo-notones, comme des gouttes de pluie d’une gouttière de