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ŒUVRES DE HENRI HEINE.
entendu, de la bouche de quelques puissants de Munich,ces mémorables paroles : « Il faut allier la foi au savoir. »Cette phrase était innocente comme la fleur, mais sousla fleur se cachait le serpent. Maintenant je sais ce quevous avez voulu ! M. Schelling est aujourd’hui contraintd’employer toutes les forces de son esprit à soutenir lareligion, et tout ce qu’il nous enseigne sous le nom dephilosophie n’est rien autre chose qu’une justificationde la foi. En même temps on spéculait sur l’avantagesecondaire.d’attirer à Munich, à l’aide de ce nom célèbre,une jeunesse avide des leçons de la sagesse, et de luiglisser plus facilement le mensonge jésuitique sous le man-teau de la philosophie. Cette jeunesse s’agenouille pieuse-ment devant l’homme quelle regarde comme le grandprêtre de la vérité, et elle reçoit sans défiance, de sesmains, une hostie empoisonnée !
Parmi les disciples de M. Schelling, l’Allemagnenomme avec beaucoup de louanges M. Steffens, quiprofesse en ce moment la philosophie à Berlin. Il vivaità Jéna, lorsque les Schlegel y faisaient leurs mani-gances , et son nom se trouve souvent dans les fastesde l’école romantique. Plus tard il a écrit aussi quelquesnouvelles, où l’on trouve beaucoup de sens et peu depoésie. Ses ouvrages scientifiques sont plus importants,particulièrement son Anthropologie, qui est remplied’idées originales. Sous ce rapport, on lui a rendu moinsde justice qu’il ne mérite. D’autres ont eu l’art de tra-vailler ses idées, et de les livrer au public comme les