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1 (1863)
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ŒUVRES DE HENRI HEINE.

entendu, de la bouche de quelques puissants de Munich,ces mémorables paroles : « Il faut allier la foi au savoir. »Cette phrase était innocente comme la fleur, mais sousla fleur se cachait le serpent. Maintenant je sais ce quevous avez voulu ! M. Schelling est aujourdhui contraintdemployer toutes les forces de son esprit à soutenir lareligion, et tout ce quil nous enseigne sous le nom dephilosophie nest rien autre chose quune justificationde la foi. En même temps on spéculait sur lavantagesecondaire.dattirer à Munich, à laide de ce nom célèbre,une jeunesse avide des leçons de la sagesse, et de luiglisser plus facilement le mensonge jésuitique sous le man-teau de la philosophie. Cette jeunesse sagenouille pieuse-ment devant lhomme quelle regarde comme le grandprêtre de la vérité, et elle reçoit sans défiance, de sesmains, une hostie empoisonnée !

Parmi les disciples de M. Schelling, lAllemagnenomme avec beaucoup de louanges M. Steffens, quiprofesse en ce moment la philosophie à Berlin. Il vivaità Jéna, lorsque les Schlegel y faisaient leurs mani-gances , et son nom se trouve souvent dans les fastesde lécole romantique. Plus tard il a écrit aussi quelquesnouvelles, lon trouve beaucoup de sens et peu depoésie. Ses ouvrages scientifiques sont plus importants,particulièrement son Anthropologie, qui est rempliedidées originales. Sous ce rapport, on lui a rendu moinsde justice quil ne mérite. Dautres ont eu lart de tra-vailler ses idées, et de les livrer au public comme les