DE L’ALLEMAGNE.
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nom de Bonaventura ; entre autres une pièce intitulée :les Dernières paroles du pasteur de Drontheim. Cettepièce n’est pas mal; elle est mystérieuse, sinistre et sai-sissante. C’est l’histoire d’un ministre protestant qui estenlevé à minuit de chez lui par des cavaliers masqués; ilest conduit, les yeux bandés, dans une vieille église, oùon lui commande de donner la bénédiction nuptiale àdeux jeunes gens qui sont agenouillés devant l’autel. Lafiancée est d’une rare beauté, mais triste et pâle commela mort. Aussi, à peine la cérémonie est-elle finie que lescavaliers masqués lui tranchent la tête. Le pasteur estreconduit chez lui après avoir prêté serment de nejamais dévoiler ce qu’il a vu ; aussi n’a-t-il divulgué cesecret qu’à son lit de mort.
J’ai déjà parlé de l’importance philosophique deM. Schelling; j’ai montré sa splendeur d’autrefois, etj’avais, hélas ! à rapporter aussi son état actuel, sa déplo-rable alliance avec le parti du passé, la déchéance decette royauté philosophique.
La haine et l’envie ont causé la chute des anges, et ilest malheureusement trop certain que le dépit de voirHégel grandir toujours en considération a conduit lepauvre M. Schelling où nous le voyons maintenant,c’est-à-dire dans les rets de cette triste propagande dontle quartier général est à Munich. M. Schelling a trahi laphilosophie et l’a livrée à la religion. Tous les témoi-gnages s’accordent là-dessus, et on pouvait prévoirdepuis longtemps qu’il en viendrait là. J’avais souvent