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ŒUVRES DE HENRI HEINE.
sentent « que le temps est sorti de ses gonds. » Ils sou-pirent également de ce qu’ils sont appelés à le rétablir;ils sentent en même temps leur incroyable faiblesse, etdéclament sur « être ou n’être pas. » Les hommes mfirsaiment au contraire davantage le Faust. La dispositionde leur âme les entraîne vers ce hardi investigateur, quiforme un pacte avec le monde des esprits et ne craintpas le diable. Mais ceux qui ont reconnu que tout estvanité, que tous les efforts humains sont vains, préfè-rent le roman de Cervantes; ils y voient un persiflage detout enthousiasme, et tous nos chevaliers actuels quicombattent pour une idée leur semblent autant de DonQuixote. Miguel de Cervantes a-t-il soupçonné l’applica-tion qu’un temps moderne ferait de son ouvrage ? a-t-ilréellement parodié l’enthousiasme idéal dans son long etsec chevalier, et la raison positive dans son épais écuyer?Toujours est-il que la dernière joue le rôle le plus ridi-cule , car la raison, avec tous ses proverbes sensés etusuels, n’est pas moins forcée de trotter, sur un ânepaisible, derrière l’enthousiasme; en dépit de ses meil-leures vues, elle et son âne ne sont pas moins forcés departager toutes les disgrâces qui arrivent si fréquemmentau noble chevalier et à sa noble Rossinante : car l’en-thousiasme idéal est une nature si puissamment entraî-nante, que la positive raison, avec ses ânes, est toujoursinvolontairement forcée de le suivre.
Ou bien le profond penseur espagnol a-t-il voulu plusvivement persifler la nature humaine ? a-t-il représenté