DE l’ai.DEMAGNE.
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suspendues aux dernières fleurs, qui inclinaient mélan-coliquement leurs têtes mourantes. Les rossignols avaientdepuis longtemps cessé de chanter; l’image de la déca-dence de toutes choses m’environnait de toutes parts,et mon cœur faillit se briser lorsque je lus comment 1le noble chevalier se trouva étendu tout poudreux ettout meurtri sur le sol, et comme sans lever sa visière,élevant vers son vainqueur une voix creuse et affaibliequi semblait sortir du fond d’une tombe, il lui dit :« Dulcinée est la plus belle dame de l’univers, et moi leplus malheureux des chevaliers du monde entier; maisil ne convient pas que ma faiblesse me fasse nier cettevérité... Percez-moi de votre lance, chevalier! »
Hélas! cet éclatant paladin du croissant d’argent, quivainquit le plus vaillant et le plus noble des chevaliers,c’était un barbier déguisé.
Je crus que je ne me consolerais jamais ; mais letemps console de tout.
Revenons à M. Tieck. Sa traduction lui a parfaitementréussi. Personne n’a mieux compris la folle grandezzade l’ingénieux hidalgo de la Mancha ; personne ne l’a sifidèlement rendue que notre excellent Tieck. Ce livre sefait lire en allemand comme dans l’original; et avecHamlet et Faust , c’est peut-être la poésie favorite desAllemands. C’est que, dans ces deux étonnants et pro-fonds ouvrages, comme dans le Don Quixote, nousavons retrouvé la tragédie de notre propre néant. Lesjeunes gens allemands aiment Hamlet, parce qu’ils