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1 (1863)
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ŒUVRES DE HENRI HEINE.

vaient mentendre. Gomme moi, ces innocents êtres dela nature nentendaient rien à lironie, eux aussi pre-naient tout au sérieux, et ils pleuraient des douleursdu pauvre chevalier. Je crus du moins voir gémir unvieux chêne, et le grave jet deau secouer plus violem-ment sa barbe ondoyante pour gémir sur la dureté deshommes. Nous trouvâmes que lhéroïsme du chevalierne méritait pas moins dadmiration quand le lion, peuen train de combattre, lui tourna le dos, et que sesactions étaient dautant plus glorieuses et méritoires, queson corps était chétif et desséché, que larmure qui leprotégeait était vermoulue, et que la rosse qui le portaitétait décharnée. Nous méprisâmes la basse populace quiattaquait lâchement le héros à coups de bâton, maisplus encore la haute populace, qui, parée dhabits desoie, de belles phrases distinguées et dun titre ducal,se moquait duri homme qui la surpassait tant en no-blesse et en esprit. Le chevalier de Dulcinée sélevait deplus en plus dans mon estime, et il gagnait de plus enplus mon affection à mesure que je lisais dans ce livremerveilleux, ce qui arriva tous les jours dans ce jardinjusquà la fin de lautomne, j'atteignis la fin de lhis-toire; mais jamais je noublierai le jour je lus le récitde ce malheureux combat le chevalier fut si triste-ment vaincu.

Gétait un triste jour : de laids nuages gris couvraientun ciel gris; les feuilles jaunies'se détachaient doulou-reusement des arbres; de lourdes larmes de pluie étaient