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1 (1863)
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DE LALLEMAGNE.

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avoir appris à prononcer assez couramment les lettres.Je me ressouviens encore parfaitement de ce petit temps je méchappais de bon matin de la maison paternelleet jallais courir au jardin de la cour, pour lire, sansêtre troublé, le Don Quixote. C'était par une bellematinée de mai ; le printemps, qui commençait, brillaitdéjà dans une paisible aurore, et il se faisait louer parle rossignol, son doux flatteur, et celui-ci chantait seslouanges dune voix si molle et si caressante, que lesroses les plus pudiques ouvraient leurs boutons, et queles gazons amoureux et les rayons du soleil se donnaientde tendres et vifs baisers, et que les arbres et les fleursfrémissaient de ravissement. Moi, je massis sur un vieuxbanc de pierre bordé de mousse, dans lallée quon nom-mait lAllée des Soupirs, non loin du jet deau, et monjeune cœur se réjouit des grandes aventures du hardichevalier. Dans ma probité enfantine, je prenais tout auplus sérieux. De quelque manière que le pauvre hérosfût ballotté par le sort, je me disais quil devait en êtreainsi, que cétait le lot des héros dêtre honnis aussi bienque dêtre battus, et cela maffligeait fort. Jétais up.enfant, et je ne connaissais pas lironie cpie Dieu a crééedans son univers, et que le grand poète a imitée dansle sien; et je pouvais répandre les larmes les plusamères quand le noble chevalier ne recueillait que delingratitude et des horions pour sa grandeur dâme; etcomme, peu exercé dans la lecture, je prononçaischaque mot à haute voix, les oiseaux et les arbres pou-U 17