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ŒUVRES DE HENRI HEINE.
Parmi ces drames il en est quelques-uns qui portentle même nom et traitent le même sujet que des piècesde Shakspeare. Nous y trouvons encore la même intri-gue, le même développement scénique, enfin toute latragédie de Shakspeare , moins la poésie. Quelquescommentateurs se sont imaginé que c’étaient les ébau-ches du grand poète, pour ainsi dire ses cartons drama-tiques, et, si je ne me trompe, M. Tieck lui-même asoutenu que le Roi Jean, qui fait partie de ces vieillespièces, était un ouvrage de Shakspeare, par lequel ilaurait préludé au grand chef-d’œuvre que nous connais-sons sous ce titre; mais c’est une erreur. Ces tragédiesne sont que les pièces surannées que nous savons avoirété refaites complètement ou en-partie par Shakspeare,selon les besoins des directeurs de théâtre, qui lui ontpayé douze à seize schellingspourun tel travail. C’était unpauvre arrangeur qui valait bien les plus superbes royau-tés littéraires d’aujourd’hui. L’autre grand poète, MiguelCervantes, ne jouait pas un rôle moins humble dans lamonde réel. Ces deux hommes, l’auteur de Hamlet etl’auteur de Don Quixote, sont les plus grands poètesqu’ait produits le temps moderne. Mais Cervantes, encoreplus que le doux William, exerce sur moi un charmeindéfinissable. Je l’aime jusqu’aux larmes. Cet amouidate de très-longtemps.
« La vie et les actions de l’ingénieux hidalgo donQuixote de la Mancha, écrites par 1 ' Miguel de CervantesSaavedra. » C’est là le premier livre que j’ai lu, après