de l’allemagne.
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trer nue, il l’a habillée d’ironie et A’humour. Les hon-nêtes Allemands, qui plient sous la censure et les en-traves de toute espèce, et qui ne peuvent cependantjamais renfermer leurs opinions, sont particulièrementréduits à la forme ironique ethumorislique. G’estle seu 1moyen d’évasion qui reste encore à leur droiture, etdans cette forme leur honnêteté se montre encore de lamanière la plus touchante. Ceci me ramène de nouveauà Hamlet, prince de Danemark. Hamlet est la plus hon-nête peau de mortel qui soit au monde. Sa dissimulationne sert qu’à cacher les dehors. Il est fantasque, parcequ’un esprit fantasque choque moins l’étiquette de courqu’une franchise vigoureuse. Dans toutes ses sailliesironiques, il laisse toujours voir qu’il se manière à des-sein ; son opinion véritable se décèle dans tout ce qu’ildit et ce qu’il fait, à tout homme qui s’entend à voirquelque chose, et même au roi à qui il ne peut dire ou-vertement la vérité (il est trop faible pour cela), maisauquel il ne prétend la cacher d’aucune façon. Hamletest parfaitement loyal ; l’homme le plus loyal pouvaitseul dire : « Nous sommes tous des fourbes. » En jouantle fou il ne veut pas non plus nous tromper, il sent bienlui-même qu’il est fou.
J’ai encore à louer deux ouvrages de M. Tieck, parlesquels il s’est acquis tout particulièrement des droits àla reconnaissance du public allemand. Ce sont sa traduc-tion d’une suite de drames anglais antérieurs à Shaks-peare, et sa traduction du Don Quixote.